
Élu député du Jura à vingt-six ans, il vota en 1880 contre « l'article 7 » visant les congrégations enseignantes, perdit la confiance de ses électeurs et ne se représenta pas. Il se consacra aux lettres et devint secrétaire perpétuel de l'Académie française, seul titre que retient son épitaphe.
L'histoire
En 1880, un vote met fin à sa carrière politique. Étienne Lamy se prononce contre « l'article 7 » — la disposition qui interdisait l'enseignement aux congrégations religieuses — et perd la confiance des républicains du Jura qui l'avaient élu député à vingt-six ans. Battu l'année suivante par un radical, il ne retrouvera jamais de siège.
Né à Cize, dans le Jura, le 2 juin 1845, Étienne Lamy était entré à l'Assemblée nationale à vingt-six ans, en 1871, et s'y était fait remarquer par un rapport sur le budget de la Marine en 1876. Après 1880, il se consacre aux lettres.
Sa préface aux Lettres d'Aimée de Coigny — « la Jeune captive » d'André Chénier — lui vaut ses titres académiques. Il est élu à l'Académie française le 8 juin 1905, au fauteuil du statuaire Eugène Guillaume, reçu par Charles de Freycinet le 11 janvier 1906, et devient secrétaire perpétuel.
Il meurt le 9 janvier 1919. L'épitaphe de la division 49 ne retient qu'un titre sur toute une vie : « ETIENNE LAMY 1845-1919, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française. » Du député de vingt-six ans, il ne reste rien.
La sépulture
Une inscription qui tient en une ligne et retient un seul titre : « ETIENNE LAMY 1845-1919 Secrétaire perpétuel de l'Académie Française. » Rien du député élu à vingt-six ans en 1871, rien du rapport sur le budget de la Marine, rien du vote de 1880 contre « l'article 7 » qui lui coûta la confiance de ses électeurs du Jura et mit fin à sa carrière politique. La fonction académique a effacé l'homme politique.
Sur place, ne manquez pas
L'épitaphe ne retient qu'un titre : « ETIENNE LAMY 1845-1919, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française. » Ni le député de vingt-six ans, ni le vote qui lui coûta son siège.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Étienne Lamy ?
En division 49, chemin de la Cave, première ligne — la division de Delacroix et de Gérard de Nerval. L'épitaphe ne retient qu'un titre : « ETIENNE LAMY 1845-1919 Secrétaire perpétuel de l'Académie Française ».
Charles NodierPourquoi a-t-il quitté la politique ?
À cause d'un vote : en 1880, il se prononce contre « l'article 7 », qui visait les congrégations enseignantes. Il perd la confiance des républicains du Jura, qui l'avaient élu député à vingt-six ans, Réélu en 1876 et 1877, il est battu en 1881 par un radical et ne retrouvera jamais de siège.
Marc FumaroliComment est-il entré à l'Académie ?
Par un livre : sa préface aux Lettres d'Aimée de Coigny, « la Jeune captive » d'André Chénier, lui valut ses titres académiques. Il fut élu le 8 juin 1905 au fauteuil du statuaire Eugène Guillaume, et reçu par Charles de Freycinet.
Sully PrudhommeQu'est-ce qu'un secrétaire perpétuel ?
Le poste le plus durable de l'Académie française : celui qui en assure la continuité, la correspondance et les séances. Lamy l'occupa jusqu'à sa mort, en 1919, après avoir été reçu par Charles de Freycinet en 1906.
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