
Gérard de Nerval s'appelait Labrunie et fut élevé par un grand-oncle, dans ce Valois dont il tirera Sylvie. Il avait vingt ans quand il donna du Faust de Goethe la traduction dont Berlioz fera son opéra. Sa passion pour l'actrice Jenny Colon organise toute son œuvre : elle se marie, elle meurt en 1842, et la voilà devenue la figure inaccessible qui hante ses livres. Trois mots seulement le nomment.
L'histoire
Gérard Labrunie naît à Paris le 22 mai 1808 et grandit dans le Valois, chez un grand-oncle : ces paysages seront la matière de « Sylvie ». À dix-neuf ans, il traduit le « Faust » de Goethe — la version que Berlioz mettra en musique.
Il est de la bataille d'Hernani en 1830, au premier rang du romantisme. Sa passion pour l'actrice Jenny Colon, à partir de 1836, structure toute son œuvre : elle le quitte pour se marier, meurt en 1842, et devient la figure féminine inaccessible qui traverse ses livres.
La première crise mentale survient le 23 février 1841. Suivent des voyages intenses — Égypte, Syrie, Turquie, Malte, Naples — et des séjours répétés chez les docteurs Blanche, à Montmartre d'abord, à Passy ensuite, entre lesquels il écrit.
« Les Filles du feu » et « Les Chimères » paraissent en 1854 : douze sonnets qui n'appartiennent à aucune école et que le symbolisme puis le surréalisme reconnaîtront comme fondateurs. « Aurélia » est en cours de publication quand il meurt.
Le 26 janvier 1855, on le trouve pendu à la grille d'un escalier de la rue de la Vieille-Lanterne, une ruelle sordide près du Châtelet. Il repose en division 49 avec le poète Charles Coligny, mort en 1874.
La sépulture
Une pierre signée A. Becker, non datée, dont l'inscription tient en trois mots : « GERARD de NERVAL ». C'est le nom de plume, sans dates ni patronyme — Gérard Labrunie n'y figure pas. Le poète Charles Coligny (1834-1874) repose avec lui. La tombe est dans la même allée que celle de Charles Nodier, dont le cénacle de l'Arsenal avait lancé le romantisme et dont les contes fantastiques ouvraient la voie que Nerval a suivie : les deux écrivains du rêve sont voisins en division 49.
Sur place, ne manquez pas
Trois mots gravés, « GERARD de NERVAL » — un nom d'emprunt, sans les dates ni le patronyme de l'état civil.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Gérard de Nerval ?
En division 49, chemin Casimir-Delavigne, première ligne — la même allée que la tombe de Charles Nodier, dont le salon de l'Arsenal avait lancé le romantisme. La pierre est signée A. Becker.
Charles NodierComment est mort Gérard de Nerval ?
Pendu à la grille d'un escalier de la rue de la Vieille-Lanterne, une ruelle sordide près du Châtelet, où on le trouva le matin du 26 janvier 1855. « Aurélia » était alors en cours de publication.
Alfred de MussetQui était Jenny Colon ?
Une actrice dont il s'éprit en 1836 et qui le quitta pour se marier ; elle mourut en 1842. Elle devient dans son œuvre la figure féminine inaccessible qui traverse « Sylvie », « Les Filles du feu » et « Aurélia ».
Hélène AndrianoffQu'a-t-il écrit ?
« Sylvie », « Les Filles du feu » et « Les Chimères », douze sonnets parus en 1854 que le symbolisme puis le surréalisme ont reconnus comme fondateurs, et « Aurélia », son récit de la folie, publié à sa mort.
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