
La France théâtrale l'exécuta — « une légèreté sans grâce ni goût » — et conseilla à cette élève de Taglioni de rentrer à Saint-Pétersbourg ; Gautier la disait « non indigne de cette brillante école ». Morte vers trente-cinq ans, elle n'a pour inscription que son nom et la date du 26 octobre 1857.
L'histoire
Hélène Andrianoff naît à Saint-Pétersbourg vers 1822. Élève de La Scala puis de Marie Taglioni, elle appartient à cette école russe que l'Europe commence à regarder, et vient à Paris chercher, selon ses mots, « l'avis de Paris sur sa danse ».
L'avis fut partagé. La France théâtrale l'exécute — « elle n'a jamais été jolie », « une légèreté sans grâce ni goût » — et conseille à « la Taglioni du Nord » de reprendre le chemin de Saint-Pétersbourg. Théophile Gautier, plus mesuré, la trouve « blonde, des yeux bleus comme une fille du nord », et « non indigne de cette brillante école ».
Elle meurt à Paris le 26 octobre 1857, autour de trente-cinq ans, après quelques saisons parisiennes dont la presse a plus retenu les défauts que les rôles.
Quatre ans plus tard, en 1861, un gisant de marbre est posé sur sa tombe. Il est signé Antonio Rossetti, sculpteur qui a laissé plusieurs monuments au Père-Lachaise, et montre une jeune femme allongée, sur un piédestal entouré de dauphins, sous une lampe romaine allumée.
Ce déséquilibre fait tout l'intérêt de la division 49, avenue Eugène-Delacroix : une sépulture somptueuse pour une danseuse que personne ne cite plus, et pas une ligne gravée pour dire qui elle était.
La sépulture
Le monument est un gisant de marbre signé Antonio Rossetti et daté de 1861 : une jeune femme allongée, sur un piédestal entouré de dauphins, surmonté d'une lampe romaine allumée. La disproportion entre l'œuvre et l'inscription frappe : « Hélène Andrianoff, décédée le 26 octobre 1857 », sept mots, sans année de naissance ni mention de la danse. Les notices la font naître vers 1822 à Saint-Pétersbourg, ce que la pierre ne confirme pas — elle ne dit rien de sa vie, seulement le jour où elle s'est arrêtée.
Sur place, ne manquez pas
Le gisant de marbre et les détails de son piédestal : les dauphins qui l'entourent, et la lampe romaine allumée posée dessus.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Hélène Andrianoff ?
En division 49, avenue Eugène-Delacroix, première ligne, dans la partie centrale du cimetière. Le gisant de marbre blanc, une jeune femme allongée, la signale au premier regard : c'est l'un des monuments romantiques les plus photographiés du Père-Lachaise.
Georges MélièsQui était Hélène Andrianoff ?
Une ballerine née à Saint-Pétersbourg vers 1822, élève de La Scala et de Marie Taglioni, venue danser à Paris. La critique parisienne l'a mal reçue ; Théophile Gautier fut l'un des rares à la juger digne de l'école russe.
Yves Montand et Simone SignoretQui a sculpté son gisant ?
Antonio Rossetti (1819-1870), qui l'a signé et daté de 1861, soit quatre ans après la mort de la danseuse. Le sculpteur a laissé plusieurs monuments funéraires au Père-Lachaise ; celui-ci passe pour l'un des plus beaux gisants romantiques du cimetière.
Eric AdjaniQue lit-on sur sa tombe ?
« Hélène Andrianoff, décédée le 26 octobre 1857 » — et rien de plus. Ni année de naissance, ni métier, ni épitaphe : la pierre est muette sur la danseuse qu'elle recouvre, alors que le monument est somptueux.
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