
Élu maire de Carpentras en 1912, le plus jeune de France, il signa les 29 et 30 septembre 1938 les accords de Munich et, accueilli en héros au Bourget, aurait murmuré : « Ah, les cons. » Un an plus tard, il déclarait la guerre à l'Allemagne ; Vichy le déporta jusqu'en 1945.
L'histoire
Édouard Daladier naît à Carpentras le 18 juin 1884, fils de boulanger. Agrégé d'histoire, il est élu maire de sa ville en 1912 : le plus jeune de France. Député radical du Vaucluse de 1919 à 1940, il devient président du Conseil en 1933.
Le 7 juin 1933, son gouvernement paraphe le « pacte à quatre » entre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie, signé à Rome le mois suivant. La ligne est celle de l'apaisement, et elle mène à Munich.
Les 29 et 30 septembre 1938, avec Chamberlain, Hitler et Mussolini, il signe les accords qui abandonnent les Sudètes. Accueilli en héros à son retour au Bourget, il aurait murmuré devant la foule qui l'acclamait : « Ah, les cons » — il savait ce que l'accord valait.
Le 3 septembre 1939, c'est lui qui déclare la guerre à l'Allemagne. Écarté du pouvoir en 1940, arrêté par Vichy, il est déporté en Allemagne de 1943 à 1945, au château d'Itter avec Reynaud, Weygand et Gamelin.
Il revient à la vie politique après la guerre et devient maire d'Avignon en 1953. Il meurt à Paris le 10 octobre 1970 — la date que sa tombe porte diffère de quatre jours — et repose en division 72.
La sépulture
Le caveau porte le nom de la famille Laffont, sa belle-famille, et l'inscription du président du Conseil s'y ajoute sans titre ni fonction : « Edouard Daladier, 18 juin 1884 – 14 octobre 1970 ». Ni Munich, ni la déclaration de guerre, ni la déportation. La date de mort, elle, est fausse de quatre jours : Daladier est mort le 10 octobre 1970, comme l'établit sa fiche de député à l'Assemblée nationale.
Sur place, ne manquez pas
La date de mort gravée, « 14 octobre 1970 » : Daladier est mort le 10. Le graveur lui a ajouté quatre jours.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Édouard Daladier ?
En division 72, avenue Circulaire, sixième ligne, dans la partie haute et orientale du cimetière. La sépulture porte le nom de la famille Laffont, sa belle-famille, et l'inscription du président du Conseil y figure seule.
Félix FaureQu'a-t-il signé à Munich ?
Les accords des 29 et 30 septembre 1938, qui abandonnaient les Sudètes tchécoslovaques à l'Allemagne, avec Chamberlain, Hitler et Mussolini. Accueilli en héros au Bourget, il aurait murmuré devant la foule : « Ah, les cons ».
Le baron HaussmannA-t-il déclaré la guerre à l'Allemagne ?
Oui, le 3 septembre 1939, un an après Munich : c'est lui qui, comme président du Conseil, engagea la France dans la guerre. Il fut écarté du pouvoir en mars 1940, avant l'offensive allemande.
Le général d'Astier de la VigerieY a-t-il une erreur sur sa tombe ?
Oui, de quatre jours : la pierre le fait mourir le 14 octobre 1970, alors qu'Édouard Daladier est mort le 10. Sa fiche de député à l'Assemblée nationale donne la date exacte ; le graveur, lui, l'a manquée.
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