Christiane NITZEL
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Chef d'entreprise, restauratrice de patrimoine.
Elle dirigeait une PME du bâtiment quand elle racheta avec son époux, en 1986, le château de Vaux, à Miré, édifice du XVᵉ siècle ruiné depuis 1950. Ils le relevèrent, et les Vieilles Maisons françaises leur décernèrent leur prix régional. La pierre grave « Christine » — une lettre lui manque.
L'histoire
Née en 1938 sous le nom de Michelon, Christiane Nitzel dirigeait une PME du bâtiment — chantiers, devis, corps de métier — dans les années 1970 et 1980, quand ce métier était presque entièrement tenu par des hommes. C'est ce métier-là, et non un goût d'esthète, qui l'a préparée à ce qu'elle a fait ensuite.
Le château de Vaux, à Miré dans le Maine-et-Loire, est un édifice du XVᵉ siècle tombé presque entièrement en ruine vers 1950. Il est classé monument historique en 1977 — un statut qui protège les murs sans les relever, et qui laisse le propriétaire devant une charge qu'il ne peut souvent pas porter. Sans toit pendant trente ans, un château perd ses planchers, ses cheminées et ses charpentes : ce n'est plus un édifice, c'est un chantier.
En 1986, Christiane et Jean Nitzel le rachètent. La restauration demande tout ce qu'un chef d'entreprise du bâtiment sait faire : lever des fonds, tenir un calendrier, discuter pied à pied avec les architectes des monuments historiques. L'association Les Vieilles Maisons françaises et le groupe Leliève leur décernent leur prix régional — récompense moins d'un goût que d'une méthode : celle d'une entrepreneuse qui a mené le chantier jusqu'au bout.
Elle meurt en 2011, à soixante-treize ans, et repose en division 10. Un détail arrête le visiteur : la pierre grave « Christine NITZEL », alors que son état civil porte Christiane. Une lettre manque, et personne ne l'a corrigée. Le château de Vaux, lui, est debout — c'est ce qu'elle laisse, et sa pierre n'en dit rien.
La sépulture
Une inscription de trois éléments, dont l'un est fautif : « Christine, NITZEL, 1938-2011. » Le prénom gravé n'est pas le sien — l'état civil porte Christiane. Rien n'y dit le métier, ni le château de Vaux qu'elle a relevé de ses ruines. Le graveur s'est trompé de prénom, et personne n'est venu le reprendre.
Sur place, ne manquez pas
Lisez le prénom : la pierre grave « Christine » quand son état civil porte Christiane. Une lettre manque, et personne ne l'a corrigée.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Christiane Nitzel ?
En division 10 du Père-Lachaise, celle de Berthe de Courrière et de Rémy de Gourmont. L'inscription est brève et porte une erreur : « Christine, NITZEL, 1938-2011 » — une lettre de moins que son prénom.
Berthe de CourrièreQu'a-t-elle sauvé ?
Le château de Vaux, à Miré, dans le Maine-et-Loire : un édifice du XVᵉ siècle tombé presque entièrement en ruine vers 1950 et classé monument historique en 1977. Elle et son époux Jean l'ont racheté en 1986.
Jeanne DelageQuel était son métier ?
Elle dirigeait une grande PME du bâtiment — un métier d'entrepreneur qui l'a préparée mieux qu'une vocation esthétique à mener une restauration : lever des fonds, tenir un calendrier, négocier avec les architectes des monuments historiques.
François Auguste GamichonOnt-ils été récompensés ?
Oui : l'association Les Vieilles Maisons françaises et le groupe immobilier Leliève leur ont décerné leur prix régional pour la rénovation du château. Elle est morte en 2011, à soixante-treize ans. Le château de Vaux est aujourd'hui debout et visitable.
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