
Beaumarchais s'appelait Pierre Augustin Caron, fils d'horloger, et inventa à vingt et un ans un échappement de montre que l'horloger du roi tenta de lui voler : il fallut l'Académie des sciences pour le lui rendre. Il enseigna la harpe aux filles de Louis XV, fit des affaires, servit d'agent secret, arma les insurgés d'Amérique. Le Mariage de Figaro, créé en 1784, fut joué soixante-huit fois en huit mois. Sur sa dalle on lit le nom de deux familles ; le sien est derrière, au mur, parmi une vingtaine d'autres.
L'histoire
Pierre Augustin Caron naît à Paris le 24 janvier 1732, fils d'horloger, et invente à vingt et un ans un système d'échappement de montre — que l'horloger du roi s'attribue aussitôt, et qu'il faut l'Académie des sciences pour lui rendre. En 1757, il prend le nom du Bosc Marchais, un fief venu du premier mari de sa femme : Beaumarchais. Maître de harpe des filles de Louis XV, homme d'affaires, agent secret, il mène plusieurs vies avant celle d'auteur.
« Eugénie », en 1767, n'est qu'un demi-succès à la Comédie-Française. « Le Barbier de Séville », en 1775, installe Figaro — un valet qui raisonne mieux que son maître.
« La Folle Journée ou le Mariage de Figaro » est créée le 27 avril 1784, après des années d'interdiction : Louis XVI l'avait jugée « exécrable » et prévenu qu'il faudrait « que la Bastille fût détruite » pour qu'on la joue. Elle tint soixante-huit représentations en huit mois. Napoléon dira plus tard : « C'est déjà la Révolution en action ! »
Il édite de 1783 à 1790 les Œuvres complètes de Voltaire, qu'il fait imprimer à Kehl, hors de France, pour échapper à la censure — et s'y ruine. Il arme les insurgés d'Amérique, est emprisonné puis exilé. « La Mère coupable », dernier volet de la trilogie, est donnée au Théâtre du Marais en 1792.
Il meurt à Paris le 18 mai 1799, presque oublié, et est inhumé dans le jardin de sa propriété, sur le boulevard qui porte aujourd'hui son nom — le Père-Lachaise n'ouvrira que cinq ans plus tard. La Ville rachète la maison à ses héritiers, et ses restes gagnent le cimetière en 1818, en division 28, dans un caveau où une vingtaine de Delarue de Beaumarchais l'ont depuis rejoint.
La sépulture
C'est un caveau de famille, et l'auteur y est presque noyé. La dalle porte en toutes lettres « Sépulture des familles Caron Beaumarchais et Delarue » — sans particule — et le mur, derrière, aligne une vingtaine de noms en colonnes : sa troisième femme Marie Thérèse Willermaulaz, sa fille Amélie Eugénie qui épousa André Toussaint Delarue en 1796, puis des générations de « Delarue de Beaumarchais », dont un ambassadeur de France mort en 1979 et une inscription de 2005. Rien, dans l'architecture, ne signale l'écrivain — pas de buste, pas de citation, aucun Figaro, et la croix centrale est nue. Il faut savoir qu'il est là pour le trouver, et se souvenir qu'il n'y est arrivé qu'en 1818, la propriété où il avait été enterré ayant été rachetée par la Ville.
Sur place, ne manquez pas
La dalle ne porte que le nom des deux familles. Passez derrière : le mur aligne une vingtaine de noms en colonnes, presque tous des « Delarue de Beaumarchais » — le nom du dramaturge a survécu par sa fille, greffé sur celui de son gendre. On y lit encore un ambassadeur de France mort en 1979.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Beaumarchais ?
En division 28, au croisement des chemins Suchet et Masséna, dans la partie haute et ancienne du cimetière — la division de Brillat-Savarin, du maréchal Masséna et de Paul Barras. Cherchez une longue dalle blanche adossée à un mur couvert de noms : ils sont une vingtaine, presque tous « Delarue de Beaumarchais ».
Paul BarrasBeaumarchais a-t-il toujours été au Père-Lachaise ?
Non. Mort en 1799, il fut d'abord inhumé dans le jardin de sa propriété, sur l'actuel boulevard Beaumarchais : le cimetière n'ouvrira que cinq ans plus tard. La Ville rachète la maison à ses héritiers en 1818, et c'est cette année-là que ses restes gagnent le Père-Lachaise — un an après Molière et La Fontaine.
MolièreQuelles sont ses pièces les plus célèbres ?
« Le Barbier de Séville », créé en 1775, et « Le Mariage de Figaro », créé le 27 avril 1784 après des années d'interdiction — Louis XVI le jugeait « exécrable ». La pièce tint soixante-huit représentations en huit mois. « La Mère coupable », donnée au Théâtre du Marais en 1792, clôt la trilogie de Figaro.
François-Joseph TalmaQue faisait-il en dehors du théâtre ?
Fils d'horloger, il inventa à vingt et un ans un système d'échappement de montre — l'horloger du roi s'en attribua le mérite, et il fallut l'Académie des sciences pour le lui rendre. Il fut ensuite maître de harpe des filles de Louis XV, agent secret, marchand d'armes pour les insurgés d'Amérique, et éditeur des Œuvres complètes de Voltaire entre 1783 et 1790.
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