
Alphonse Bertillon, né en 1853, fils et frère de statisticiens, était un employé subalterne de la préfecture de Police quand il eut l'idée d'appliquer aux criminels les mesures chères à sa famille. Quatorze mensurations du corps, calcule-t-il, ramènent le risque de confondre deux hommes à une chance sur 286 millions. De là viennent la fiche anthropométrique et la photographie judiciaire de face et de profil, employées encore aujourd'hui.
L'histoire
Alphonse Bertillon naît le 22 avril 1853, fils du statisticien Louis Bertillon et frère du statisticien Jacques Bertillon. Employé subalterne à la préfecture de Police, il applique aux criminels les méthodes de mesure de sa famille.
Son calcul est simple : quatorze mensurations du corps suffisent à rendre la probabilité d'une coïncidence d'une sur deux cent quatre-vingt-six millions. La fiche anthropométrique naît de là, avec la photographie judiciaire normalisée — face et profil, échelle fixe — que le monde entier utilise encore.
Il crée le premier laboratoire de police scientifique et devient chef du service photographique de la préfecture. Le « bertillonnage » est adopté dans toute l'Europe, à Londres, à New York ; ses « Instructions signalétiques » et « La Photographie judiciaire » font autorité.
Sa méthode a une limite qu'il n'a pas voulu voir : elle identifie, elle ne prouve rien. Appelé comme expert en écritures dans l'affaire Dreyfus, alors qu'il n'était pas graphologue, il conclut à un faux d'auteur — une expertise qui pèsera lourd dans la condamnation, et que la révision démontera.
Il meurt le 13 février 1914. Son système restera en usage jusqu'en 1970, supplanté par les empreintes digitales qu'il avait lui-même intégrées à ses fiches. Sa fille Suzanne publie en 1941 chez Gallimard une « Vie d'Alphonse Bertillon ».
La sépulture
La stèle porte un bas-relief de bronze signé Paul Theunissen (1873-1931), qui représente Bertillon devant son bureau, entouré de ses instruments : le savant y est montré au travail, non en buste d'apparat. L'inscription se lit comme une liste d'inventions plutôt que comme une épitaphe : « Alphonse Bertillon, inventeur du signalement anthropométrique, photographie métrique, empreintes digitales ». Trois lignes qui résument un siècle de police scientifique, et ne disent rien de l'expertise de 1894.
Sur place, ne manquez pas
Le bas-relief de bronze : Bertillon assis à son bureau, avec les instruments de mesure de son système autour de lui.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Alphonse Bertillon ?
En division 89, avenue Aguado, première ligne. La stèle porte un bas-relief de bronze du sculpteur Paul Theunissen, qui représente Bertillon assis à son bureau, entouré des instruments de mesure de son système.
Oscar WildeQu'est-ce que le bertillonnage ?
Un système d'identification fondé sur quatorze mensurations du corps, qui réduisait à une sur deux cent quatre-vingt-six millions la probabilité que deux personnes présentent les mêmes. Adopté dans toute l'Europe, il resta en usage jusqu'en 1970.
Claude BernardA-t-il inventé la photo d'identité judiciaire ?
Il l'a normalisée : face et profil, à échelle fixe, avec un éclairage constant. C'est la forme que la police du monde entier emploie encore, et l'inscription de sa tombe la mentionne à côté du signalement anthropométrique et des empreintes digitales.
Claude ChappeQuel fut son rôle dans l'affaire Dreyfus ?
Appelé comme expert en écritures alors qu'il n'était pas graphologue, il conclut que le bordereau était de la main de Dreyfus. L'expertise pesa sur la condamnation et fut démontée à la révision.
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