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Portrait de Jacques LAFFITTE
Politique & histoire

Jacques LAFFITTE

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Banquier et président du Conseil.

Fils de charpentier entré à seize ans comme commis de banque, il fut gouverneur de la Banque de France en 1814, avança à Napoléon les fonds de son exil, puis finança la révolution de Juillet 1830 et poussa le duc d'Orléans sur le trône. Président du Conseil quatre mois, il en sortit ruiné.

EmplacementAvenue des Acacias, 1ʳᵉ ligne
Division30
Dates1767 – 1844

L'histoire

Né à Bayonne en 1767, fils d'un charpentier, Jacques Laffitte entre à seize ans comme commis dans la maison de banque Perregaux, à Paris. Il en devient l'associé en 1807, le seul maître en 1810, et il est nommé en 1814 gouverneur de la Banque de France, charge qu'il occupe six ans. La Perregaux comptait parmi les premières maisons de la place : un fils de charpentier en avait pris la tête.

Sa fortune sert d'abord à des causes contradictoires. En 1815, après Waterloo, il avance à Napoléon les fonds de son départ en exil et prend en dépôt une part de sa fortune personnelle — geste qui lui vaudra des ennuis et une réputation d'homme de parole. Quinze ans plus tard, il est de l'autre bord : député libéral, il fait de son hôtel le quartier général de l'opposition à Charles X. Rares sont les banquiers du siècle à avoir servi successivement l'Empire déchu et l'opposition qui renversera la Restauration.

En juillet 1830, les Trois Glorieuses renversent le roi. Laffitte est au centre de la manœuvre : c'est lui qui finance l'insurrection, lui qui rallie les députés hésitants, lui qui pousse le duc d'Orléans sur le trône. Il devient président du Conseil en novembre 1830 et le reste à peine quatre mois : Louis-Philippe, une fois installé, se passe de lui. On avait remplacé un roi par un autre, avec l'accord des banques.

L'affaire lui coûte tout. Ses avances, ses cautions et l'abandon de ses affaires pendant la crise le laissent ruiné ; il doit vendre son hôtel et ses biens, et une souscription publique organisée en 1831 le sauve de la faillite. Il fonde en 1836 la Caisse générale du commerce et de l'industrie, l'une des premières banques de dépôt françaises, qui annonce les grands établissements du Second Empire. Il meurt en 1844 et repose en division 30, avenue des Acacias. De la révolution qu'il avait payée, il avait fini par dire : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes d'avoir concouru à la révolution de Juillet. »

Sur place, ne manquez pas

Le quatrième dirigeant de la Banque de France du cimetière, avec Garat en division 7, Gaudin en 27 et Davillier en 40 : la monnaie française a son quartier ici.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Jacques Laffitte ?

En division 30 du Père-Lachaise, celle de Sébastien Bottin, dont l'annuaire a donné son nom au Bottin. Jacques Laffitte fut gouverneur de la Banque de France, puis président du Conseil.

Louis-Auguste Blanqui

A-t-il financé la révolution de 1830 ?

Oui, et il en fut l'un des organisateurs : il avança les fonds, rallia les députés hésitants et poussa le duc d'Orléans sur le trône. Il devint président du Conseil en novembre 1830 — pour quatre mois seulement.

Martin Garat

Quel lien avec Napoléon ?

En 1815, après Waterloo, Laffitte lui avança les fonds de son départ en exil et prit en dépôt une part de sa fortune personnelle. Le geste lui valut des ennuis et une durable réputation d'homme de parole.

Le duc de Gaète

S'est-il vraiment ruiné ?

Oui : ses avances, ses cautions et l'abandon de ses affaires pendant la crise de 1830 l'ont laissé ruiné. Il dut vendre son hôtel, et une souscription publique organisée en 1831 le sauva de la faillite.

Le baron Davillier

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