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Le fantasmagore de la division 8

Étienne-Gaspard Robert, dit Robertson, physicien liégeois et inventeur du fantascope, a terrorisé le Paris du Directoire en projetant les fantômes de Marat et Danton devant un public pétrifié. La tombe de Robertson en division 8 du Père-Lachaise est un tombeau-spectacle de quatre mètres de haut.

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En division 8 du Père-Lachaise, avenue Casimir-Périer, un monument de quatre mètres de haut arrête tous les promeneurs. Un sarcophage à l'antique surmonté d'un dais, flanqué de crânes squelettiques et d'ailes de chauve-souris, coiffe un socle massif orné de deux bas-reliefs en marbre. Le premier montre des squelettes projetés devant une foule paniquée — une mère cachant les yeux de son enfant. Le second montre un ballon qui s'élève sous le regard médusé de spectateurs. Le nom gravé dans la pierre est celui d'un inconnu : Robertson. Les touristes, intrigués par le tombeau le plus spectaculaire de la division, repartent souvent sans savoir qu'ils viennent de croiser l'un des précurseurs du cinéma.

Étienne-Gaspard Robert, né à Liège en 1763, est tout à la fois physicien, aérostier et mystificateur. Professeur de physique, assistant de Volta, inventeur d'un lance-flammes sans succès, Robert s'intéresse à l'optique et met au point le « fantascope » — une lanterne magique perfectionnée capable de projeter des images mobiles et évanescentes à travers un rideau de gaze. Sous le nom de scène de Robertson, le physicien ouvre un spectacle de fantasmagorie dans la salle du Nouveau Tivoli, au 88 rue de Clichy. Le principe est simple : dans une salle plongée dans l'obscurité, Robertson projette les spectres de Marat, Robespierre et Danton devant un public encore traumatisé par la Terreur. Le public hurle. Robertson encaisse. Le Directoire est fasciné par cette science qui joue avec les nerfs. La fantasmagorie de Robertson est le premier spectacle d'images projetées devant un public payant — un précurseur direct du cinéma.

Robertson projetait à travers un rideau les spectres de Marat, Robespierre et Danton devant un public encore traumatisé par la Terreur. Le public hurlait. Robertson encaissait. La fantasmagorie était le cinéma d'horreur du Directoire.

Robertson est aussi un aérostier qui totalise cinquante-neuf ascensions en ballon à travers l'Europe et en Chine. Le personnage vit confortablement de la combinaison de ces deux passions — la science et le spectacle. Charles Dickens le décrit comme « an honourable and well-educated showman ». Robertson meurt aux Batignolles le 2 juillet 1837 et repose en division 8 du Père-Lachaise dans un tombeau qu'il a voulu de son vivant comme un monument-programme. L'architecte Guillard dessine la structure en trois parties : un socle massif contenant la porte du caveau, un bloc central portant le nom et les deux bas-reliefs du sculpteur François Hardouin — la fantasmagorie et l'ascension en ballon —, et au sommet le sarcophage encadré de figures macabres. Le tombeau culminant à quatre mètres est une mégalomanie assumée : Robertson avait décidé que la postérité saurait qui il était.

Le tombeau de Robertson, en division 8, est l'un des monuments les plus photographiés du Père-Lachaise — et l'un des moins compris. Les visiteurs s'arrêtent pour les crânes et les ailes de chauve-souris, photographient les bas-reliefs de Hardouin, puis repartent sans identifier le personnage. Robertson n'est dans aucun guide touristique grand public. Pourtant le bas-relief de la fantasmagorie, avec la foule paniquée devant les squelettes projetés, est la représentation la plus ancienne d'un spectacle d'images projetées conservée dans un cimetière. Le tombeau est à la fois une œuvre d'art funéraire, un document d'histoire des techniques et le testament d'un homme qui a compris, deux siècles avant l'ère numérique, que la peur est le premier spectacle.

Pour aller plus loin

Qui était Robertson, le fantasmagore du Père-Lachaise ?

Étienne-Gaspard Robert, dit Robertson (1763-1837), était un physicien liégeois, inventeur du fantascope et pionnier de la fantasmagorie. Robertson projetait les spectres de Marat et Danton devant le public du Directoire. Robertson repose en division 8 du Père-Lachaise.

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Qu'est-ce que la fantasmagorie ?

La fantasmagorie est un spectacle d'images projetées inventé à la fin du XVIIIe siècle. Robertson utilisait le fantascope, une lanterne magique perfectionnée, pour projeter des spectres sur un rideau de gaze dans une salle obscure. La fantasmagorie est un précurseur du cinéma.

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Quels sont les tombeaux les plus spectaculaires du Père-Lachaise ?

Parmi les tombeaux les plus spectaculaires du Père-Lachaise figurent le monument de Robertson en division 8 (4 mètres, bas-reliefs de fantasmagorie), le mausolée Demidoff en division 19 (10 colonnes doriques) et le sphinx d'Oscar Wilde en division 89.

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Où se trouve la tombe de Robertson au Père-Lachaise ?

La tombe de Robertson se trouve en division 8 du Père-Lachaise, avenue Casimir-Périer, première ligne. Le tombeau-spectacle de quatre mètres est reconnaissable à la présence de crânes et d'ailes de chauve-souris sculptés au sommet du monument.

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