Charles de La Bédoyère, colonel du 7e régiment de ligne, rallie ses troupes à Napoléon près de Grenoble en mars 1815 au lieu de l'arrêter. Présent à Waterloo, arrêté pendant la Terreur blanche, il est fusillé le 19 août 1815 dans la plaine de Grenelle. Il repose en division 16 du Père-Lachaise.
Le 7 mars 1815, sur la route de Grenoble, un colonel de vingt-huit ans prend la décision qui va lui coûter la vie. Charles Angélique François Huchet de La Bédoyère, né le 17 avril 1786 à Paris, commande le 7e régiment de ligne. L'ordre qu'il a reçu est simple : arrêter Napoléon, débarqué à Golfe-Juan cinq jours plus tôt et qui remonte vers le nord avec une poignée d'hommes. La Bédoyère fait sortir son régiment de la caserne, drapeau tricolore déployé, et marche vers l'Empereur au lieu de l'arrêter. Le ralliement est le premier d'un régiment entier : il transforme une aventure hasardeuse en marche triomphale. Napoléon nomme La Bédoyère général de brigade, aide de camp, puis pair de France. Cent jours plus tard, après Waterloo, la monarchie restaurée fera payer le geste au prix fort.
La Bédoyère est présent à Waterloo le 18 juin 1815, comme aide de camp de l'Empereur. Après la défaite, il tente de fuir la France. Louis XVIII publie une ordonnance qui interdit aux régicides et aux ralliés de rester sur le territoire. La Bédoyère est arrêté à Paris le 2 août 1815 alors qu'il tente de voir une dernière fois sa femme, Georgine de Chastellux, épousée le 21 novembre 1813, et leur fils nouveau-né. Le conseil de guerre est expéditif. La Bédoyère est condamné à mort pour trahison le 14 août. Le jeune colonel ne se fait aucune illusion : les ralliés de la première heure sont les premiers sur la liste des proscriptions de la Terreur blanche. Le maréchal Ney, fusillé en décembre 1815, sera la victime la plus célèbre de cette vague de représailles.
Le 7 mars 1815, La Bédoyère fait sortir son régiment de Grenoble et marche vers Napoléon avec le drapeau tricolore déployé. Le geste est décisif : c'est le premier ralliement d'un régiment entier. Après cela, la route de Paris est ouverte.
Le 19 août 1815, à dix-neuf heures, Charles de La Bédoyère est fusillé dans la plaine de Grenelle. La tradition rapporte que le condamné aurait refusé le bandeau et commandé le feu lui-même. Le corps est transféré au Père-Lachaise le 22 août et inhumé en division 16, première ligne face à la division 17. La Bédoyère avait vingt-neuf ans. La veuve du général, Georgine de Chastellux, ne se remarie pas. Le fils de La Bédoyère, Georges, est inhumé dans la même tombe en 1867. Georgine les rejoint en 1871. La sépulture familiale, sobre, porte les noms et les dates — sans mention de la cause du décès ni des circonstances du ralliement. Le silence de la pierre est éloquent : sous la Restauration, graver « fusillé pour avoir rejoint l'Empereur » aurait été un acte de sédition.
La tombe de La Bédoyère, en division 16 du Père-Lachaise, est peu visitée. Les guides touristiques ne la mentionnent pas. Pourtant la sépulture raconte l'un des épisodes les plus dramatiques des Cent-Jours : un jeune officier qui choisit l'Aigle contre le Lys et qui paie ce choix de sa vie cinq mois plus tard. La Bédoyère fait partie de ces figures dont le Père-Lachaise conserve la mémoire quand l'histoire officielle les a oubliées. Le visiteur qui cherche la tombe en division 16 trouvera une stèle familiale discrète, trois noms, trois dates — et devra reconstituer seul le récit du colonel qui a ouvert la route de Paris à Napoléon et qui a été fusillé pour cela avant même que Waterloo ait achevé de refroidir.
Charles de La Bédoyère (1786-1815) était un colonel français qui a rallié son régiment à Napoléon lors des Cent-Jours en mars 1815. Présent à Waterloo, arrêté pendant la Terreur blanche, La Bédoyère a été fusillé dans la plaine de Grenelle le 19 août 1815.
Quels ralliés de Napoléon ont été fusillés en 1815 ?
Parmi les officiers fusillés pendant la Terreur blanche pour avoir rallié Napoléon lors des Cent-Jours figurent le colonel de La Bédoyère (fusillé le 19 août 1815) et le maréchal Ney (fusillé le 7 décembre 1815). Tous deux reposent au Père-Lachaise.
Quelles figures napoléoniennes reposent au Père-Lachaise ?
Le Père-Lachaise accueille de nombreuses figures napoléoniennes : le maréchal Ney (division 29), le général de La Bédoyère (division 16), le maréchal Masséna (division 28), le général Foy (division 28), et plusieurs dizaines d'officiers de la Grande Armée.
La tombe de Charles de La Bédoyère se trouve en division 16 du Père-Lachaise, première ligne face à la division 17. La stèle familiale sobre porte trois noms — le général, sa femme Georgine de Chastellux et leur fils Georges — sans mention du ralliement ni de l'exécution.