Joseph Lesurques, guillotiné le 30 octobre 1796 pour l'attaque du courrier de Lyon, repose en division 8 du Père-Lachaise. L'épitaphe gravée sur la tombe dit tout : « Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines. » Il n'a jamais été réhabilité.
En division 8 du Père-Lachaise, une tombe porte une inscription que l'on ne trouve sur aucune autre sépulture du cimetière : « Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines. » Pas un titre, pas une profession, pas un éloge funèbre — un verdict. Joseph Lesurques, né à Douai le 1er avril 1763, a été guillotiné à Paris le 30 octobre 1796 pour l'attaque et le meurtre du courrier de Lyon. L'affaire est l'une des plus célèbres erreurs judiciaires de l'histoire de France. Lesurques a été condamné à la place du vrai coupable — un certain Dubosc, qui lui ressemblait physiquement — sur la foi de témoignages oculaires erronés. Depuis deux cent trente ans, la famille Lesurques et ses défenseurs demandent la réhabilitation. Elle n'a jamais été accordée.
Le 27 avril 1796, la malle-poste qui relie Paris à Lyon est attaquée sur la route de Melun, dans la forêt de Sénart. Le courrier est tué, un postillon est blessé, les dépêches et les fonds sont volés. L'enquête identifie rapidement une bande de malfaiteurs. Joseph Lesurques, rentier aisé, père de famille, est arrêté parce que plusieurs témoins — des aubergistes, des postillons — l'identifient comme l'un des cavaliers qui escortaient la malle-poste avant l'attaque. Les témoins sont formels : ils reconnaissent le visage, la taille, le manteau. Lesurques proteste de son innocence, présente des alibis, fait valoir qu'il ne connaît aucun des accusés. Le tribunal criminel de la Seine le condamne à mort le 12 août 1796. Le vrai coupable, Joseph Dubosc, est un homme qui ressemble physiquement à Lesurques — même taille, même stature, même type de visage. Dubosc sera lui-même arrêté, jugé et guillotiné en 1801 pour la même affaire.
Lesurques est guillotiné le 30 octobre 1796, place de Grève. Avant de mourir, il aurait déclaré : « Je suis innocent. Mon sang retombera sur la tête des jurés qui m'ont condamné. » La mort de Lesurques détruit sa famille. La femme de Lesurques perd la raison. La fille de Lesurques se suicide. Le fils de Lesurques, engagé dans l'armée napoléonienne, meurt pendant la campagne de Russie en 1812. Victor Hugo, dans une lettre célèbre, plaide pour la réhabilitation du condamné. Le romancier Émile Gaboriau s'inspire de l'affaire pour ses romans policiers. Le théâtre s'en empare : la pièce « Le Courrier de Lyon » est jouée des centaines de fois au XIXe siècle. L'affaire Lesurques devient le symbole de l'erreur judiciaire — le cas d'école que l'on cite avant l'affaire Dreyfus.
L'épitaphe de Lesurques est un acte d'accusation permanent, gravé dans la pierre du Père-Lachaise : « Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines. » Deux siècles plus tard, la phrase est toujours lisible — et l'erreur toujours officielle.
Depuis le début du XIXe siècle, plusieurs demandes de réhabilitation ont été déposées. Aucune n'a abouti. Le problème juridique est redoutable : pour réhabiliter Lesurques, il faudrait prouver que les témoins se sont trompés — et les témoins sont morts depuis deux siècles. Le système judiciaire français n'a pas de procédure adaptée à un cas aussi ancien. L'affaire Lesurques a néanmoins contribué à faire évoluer le droit pénal : elle est l'un des arguments invoqués par les abolitionnistes du XIXe siècle pour démontrer que la peine de mort est irréversible et qu'aucune justice humaine n'est infaillible. La loi Constans de 1899 sur la révision des procès criminels a été adoptée en partie sous l'influence de cas comme celui de Lesurques — même si c'est l'affaire Dreyfus qui en a été le déclencheur immédiat.
La tombe de Joseph Lesurques, en division 8 du Père-Lachaise, est l'une des rares sépultures du cimetière à porter un message adressé non pas au mort, mais à la société des vivants. L'épitaphe — « Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines » — n'est pas un hommage : c'est une accusation. Deux siècles plus tard, la pierre est toujours là, l'inscription toujours lisible, et la réhabilitation toujours absente. Le visiteur qui s'arrête devant la tombe de Lesurques lit, dans une phrase de quinze mots, le résumé de tout ce que la justice peut faire de pire : condamner un innocent, l'exécuter, et refuser de reconnaître l'erreur après la mort. Le Père-Lachaise est un cimetière de morts célèbres. Lesurques est le seul dont la célébrité vient de ce qu'il n'aurait jamais dû y être.
Qui était Joseph Lesurques et pourquoi est-il célèbre ?
Joseph Lesurques (1763-1796) était un rentier de Douai, guillotiné pour l'attaque du courrier de Lyon en 1796. Condamné à la place du vrai coupable, Joseph Dubosc, Lesurques est devenu le symbole de l'erreur judiciaire en France — avant même l'affaire Dreyfus.
La tombe de Joseph Lesurques se trouve en division 8 du Père-Lachaise. L'épitaphe gravée sur la pierre dit : « Il fut victime de la plus déplorable des erreurs humaines. » La tombe est l'une des rares du cimetière à porter un message adressé à la société des vivants.
Non. Malgré plusieurs demandes de réhabilitation déposées depuis le XIXe siècle, aucune n'a abouti. Le problème juridique — prouver l'erreur de témoins morts depuis deux siècles — reste insoluble. L'affaire a néanmoins contribué à l'évolution du droit pénal français.
Le 27 avril 1796, la malle-poste Paris-Lyon a été attaquée dans la forêt de Sénart : le courrier tué, les fonds volés. Joseph Lesurques, confondu avec le vrai coupable Dubosc en raison d'une ressemblance physique, a été condamné à mort et guillotiné en octobre 1796.