Jim Morrison est mort à Paris le 3 juillet 1971 et enterré en division 6 du Père-Lachaise cinq jours plus tard, devant cinq personnes. La tombe du chanteur des Doors est devenue le lieu de pèlerinage le plus fréquenté du cimetière — et le problème le plus tenace de son administration.
Le 7 juillet 1971, cinq personnes assistent à l'enterrement de Jim Morrison en division 6 du Père-Lachaise : Pamela Courson, sa compagne, Agnès Varda, la cinéaste et voisine de l'immeuble rue Beautreillis, Alain Ronay, un ami français, Robin Wertle, le directeur des Doors en Europe, et Bill Siddons, le manager du groupe. Pas de cérémonie religieuse, pas de discours, pas de presse. Morrison est mort quatre jours plus tôt, le 3 juillet, dans la baignoire de son appartement au 17 rue Beautreillis, dans le Marais. La cause exacte du décès n'a jamais été établie avec certitude : aucune autopsie n'a été pratiquée. Pamela Courson choisit le Père-Lachaise parce que Morrison aimait le cimetière et admirait les poètes qui y reposent — Balzac, Molière, La Fontaine. La concession, d'abord provisoire, est une petite parcelle sans monument, marquée d'une simple plaque.
La tombe de Jim Morrison reste discrète pendant une dizaine d'années. Puis le pèlerinage commence, porté par le mythe du « club des 27 » — ces musiciens morts à vingt-sept ans —, par la sortie du film d'Oliver Stone en 1991, et par la fascination persistante pour les Doors. Des fans viennent du monde entier. Ils déposent des fleurs, des lettres, des bouteilles de whiskey, des joints. Ils écrivent des messages sur les tombes voisines, gravent des graffitis sur les stèles, laissent des détritus. Les concessions adjacentes sont vandalisées : les familles concernées portent plainte. Dans les années 1990, la tombe de Morrison devient un problème d'ordre public. Le cimetière installe des barrières métalliques autour de la concession, puis des caméras de surveillance. Un gardien est affecté en permanence au secteur. Les graffitis sont nettoyés, les détritus ramassés, les fans turbulents reconduits à la sortie.
Cinq personnes à l'enterrement en 1971. Trois millions de visiteurs par an un demi-siècle plus tard. Aucune tombe du Père-Lachaise n'a connu une trajectoire aussi spectaculaire que celle de Jim Morrison.
En 1990, un buste en bronze de Morrison, commandé par la famille Courson et réalisé par le sculpteur croate Mladen Mikulin, est posé sur la tombe. Le buste est volé quelques mois plus tard — jamais retrouvé. La tombe retrouve sa sobriété : une dalle plate, une plaque de bronze portant l'inscription en grec « KATA TON DAIMONA EAYTOY » — « fidèle à son propre démon » —, le nom, les dates, et rien d'autre. Un arbre voisin est couvert de chewing-gums collés par les visiteurs. Les tombes autour sont marquées de graffitis, de flèches, d'inscriptions « Jim → » pour guider les pèlerins. La division 6, l'une des plus anciennes du Père-Lachaise, avec ses stèles néoclassiques et ses monuments du Premier Empire, est devenue un corridor touristique.
La tombe de Jim Morrison a transformé le Père-Lachaise. Avant les années 1980, le cimetière recevait un public composé essentiellement de familles, de généalogistes et de promeneurs. La tombe de Morrison a attiré un public nouveau — jeune, international, bruyant — qui a changé l'atmosphère du lieu. L'administration du cimetière a dû adapter ses règles : multiplication des panneaux d'interdiction, renforcement de la surveillance, création de circuits de visite pour canaliser les flux. Paradoxalement, le pèlerinage autour de Morrison a aussi fait découvrir le Père-Lachaise à des millions de personnes qui n'y seraient jamais venues. Beaucoup de visiteurs arrivent pour Morrison et repartent en ayant découvert Chopin, Wilde, Proust, Balzac. La tombe la plus problématique du cimetière est aussi la meilleure publicité du cimetière.
La tombe de Jim Morrison, en division 6, reste la plus visitée du Père-Lachaise. Les barrières métalliques sont toujours en place. Un gardien surveille le secteur. La dalle de granit, sobre et plate, porte toujours l'inscription grecque et la plaque de bronze. Plus de buste, plus de graffitis sur la tombe elle-même — mais les stèles voisines en portent encore les traces. Des fleurs fraîches y sont déposées chaque jour. Le contraste entre la modestie de la sépulture et l'intensité de la dévotion qu'elle suscite résume le paradoxe de Morrison au Père-Lachaise : un chanteur de rock américain de vingt-sept ans, enterré sans cérémonie dans un cimetière parisien du XIXe siècle, devenu en un demi-siècle le résident le plus célèbre d'un lieu qui abrite Molière, Chopin et Proust.
Où est la tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise ?
La tombe de Jim Morrison se trouve en division 6 du Père-Lachaise, l'une des plus anciennes divisions du cimetière. La sépulture est une dalle plate de granit portant une plaque de bronze avec l'inscription grecque « KATA TON DAIMONA EAYTOY » (fidèle à son propre démon).
Pourquoi Jim Morrison est-il enterré au Père-Lachaise ?
Pamela Courson, compagne de Jim Morrison, a choisi le Père-Lachaise parce que le chanteur aimait le cimetière et admirait les écrivains qui y reposent — Balzac, Molière, La Fontaine. Morrison est mort à Paris le 3 juillet 1971, dans son appartement du Marais.
La tombe de Jim Morrison est-elle la plus visitée du Père-Lachaise ?
Oui. La tombe de Jim Morrison en division 6 est la sépulture la plus visitée du Père-Lachaise, devant celles d'Oscar Wilde (div. 89) et de Frédéric Chopin (div. 11). Des barrières et un gardien permanent protègent le secteur depuis les années 1990.
Jim Morrison est mort le 3 juillet 1971 dans la baignoire de son appartement au 17 rue Beautreillis, dans le Marais, à 27 ans. La cause exacte du décès n'a jamais été établie avec certitude, car aucune autopsie n'a été pratiquée.