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Les locataires à quatre pattes de la collineSociété

Les locataires à quatre pattes de la colline

Le Père-Lachaise abrite cent quarante espèces animales sauvages, dont trois couples de renards installés depuis 2020 et des colonies de chats errants protégées depuis 1999. La nuit, sans éclairage, la colline de Charonne devient un corridor écologique en plein Paris.

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Quand les grilles du Père-Lachaise se ferment le soir, le cimetière change de nature. L'éclairage nocturne est inexistant. Les visiteurs ont disparu. Sur quarante-quatre hectares de verdure et de pierre, une autre population prend possession des allées : des renards roux, des fouines, des chouettes hulottes, des hérissons, des chauves-souris, des mulots. Et des chats. Le Père-Lachaise abrite près de cent quarante espèces animales sauvages, recensées entre 2010 et 2020 par les services de la Ville de Paris. Le cimetière est un îlot de biodiversité au cœur du XXe arrondissement — relié, côté est, à la Petite Ceinture, l'ancienne voie ferrée qui forme un corridor écologique continu. Parmi cette faune, deux espèces occupent une place à part dans l'imaginaire du lieu : les renards, arrivés en 2020, et les chats errants, présents depuis des décennies.

Les renards roux vivent et se reproduisent au Père-Lachaise depuis le printemps 2020 — l'année du premier confinement, quand l'absence de visiteurs a laissé le champ libre à la faune. Le conservateur du cimetière, Benoît Gallot, a identifié trois couples de renards. Les animaux sont très discrets : ils se déplacent surtout la nuit, comme les fouines et les chouettes hulottes, à la recherche de mulots, de musaraignes, de campagnols et de hérissons. Le jour, les renards se cachent dans les sous-bois et les bosquets du cimetière. Les visiteurs les plus matinaux ou les plus tardifs les aperçoivent parfois au détour d'une allée — un pigeon dans la gueule, selon la formule du conservateur. La présence des renards au Père-Lachaise a fait le tour des réseaux sociaux et de la presse. Les selfies avec les renards sont devenus un genre photographique à part entière.

Trois couples de renards vivent et se reproduisent au Père-Lachaise depuis le printemps 2020. Très discrets, les renards se déplacent la nuit entre les tombes, à la recherche de mulots, de campagnols et de hérissons.

Les chats errants du Père-Lachaise sont une institution plus ancienne. Des colonies de chats vivent dans le cimetière depuis des décennies, répartis en petits groupes entre les divisions. Depuis 1999, les chats errants bénéficient d'une protection légale en France : les colonies sont identifiées, les animaux sont stérilisés et nourris par des bénévoles qui se répartissent les secteurs du cimetière. Un abri a été aménagé au fond du cimetière pour les chats, même si beaucoup préfèrent dormir à l'intérieur des mausolées ouverts. Les bénévoles nourrisseurs — en grande majorité des femmes — entretiennent un lien quotidien avec les colonies, connaissent chaque animal par son nom, et financent les stérilisations à leurs frais. Les chats du Père-Lachaise chassent aussi les rongeurs, contribuant à l'équilibre écologique du site aux côtés des rapaces et des renards.

La cohabitation entre la faune et les quarante-quatre hectares de sépultures du Père-Lachaise est rendue possible par deux facteurs : l'absence de traitement phytosanitaire depuis 2015, qui permet aux herbes sauvages et aux insectes de prospérer, et l'absence d'éclairage nocturne, qui laisse la nuit aux animaux. Le cimetière est aussi un refuge pour sept espèces de chauves-souris, dont la pipistrelle commune. Le Père-Lachaise est le plus grand espace vert de Paris intra-muros : quatre mille cent trente-quatre arbres, plus de deux cent vingt espèces végétales sauvages, cent quarante espèces animales. Les renards, les chats, les chouettes et les hérissons du cimetière ne savent pas qu'ils vivent parmi les tombes de Chopin, de Piaf et de Jim Morrison. Mais le visiteur qui les croise à la tombée du jour découvre un Père-Lachaise que les guides touristiques ne montrent pas.

Pour aller plus loin

Y a-t-il des renards au Père-Lachaise ?

Oui. Trois couples de renards roux vivent et se reproduisent au Père-Lachaise depuis le printemps 2020. Très discrets, les renards se déplacent surtout la nuit à la recherche de mulots, campagnols et hérissons. Le conservateur Benoît Gallot a confirmé leur présence.

Lire l'article sur la révolution zéro phyto

Les chats du Père-Lachaise sont-ils protégés ?

Oui. Les chats errants du Père-Lachaise bénéficient d'une protection légale depuis 1999. Des bénévoles nourrisseurs se répartissent les secteurs du cimetière, identifient les animaux et financent les stérilisations. Un abri a été aménagé au fond du cimetière.

Voir la tombe de Frédéric Chopin

Combien d'espèces animales vivent au Père-Lachaise ?

Le Père-Lachaise abrite près de 140 espèces animales sauvages, dont 62 espèces d'oiseaux, 7 espèces de chauves-souris, des renards, des fouines, des hérissons et des chats errants. Le cimetière est un îlot de biodiversité relié à la Petite Ceinture.

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Pourquoi le Père-Lachaise est-il un refuge pour la faune ?

Le Père-Lachaise est un refuge pour la faune grâce à l'absence d'éclairage nocturne, l'arrêt des traitements phytosanitaires depuis 2015 et la proximité de la Petite Ceinture, corridor écologique côté est. Le cimetière compte 4 134 arbres sur 44 hectares.

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