En 2015, le Père-Lachaise a supprimé tout traitement phytosanitaire sur ses quarante-quatre hectares. Dix ans plus tard, le résultat est spectaculaire : deux cent vingt espèces végétales sauvages, soixante-deux espèces d'oiseaux, des orchidées, des renards et une renoncule protégée.
Jusqu'en 2015, les allées du Père-Lachaise étaient traitées aux pesticides. Les jardiniers désherbaient les joints entre les tombes au produit chimique. Le Roundup coulait entre les dalles funéraires. Puis le cimetière a tout arrêté. Plus de glyphosate. Plus de produit phytosanitaire. Plus de traitement chimique d'aucune sorte sur les quarante-quatre hectares du plus grand espace vert de Paris intra-muros. La décision, prise en avance sur la loi Labbé de 2017 qui interdira les pesticides dans les espaces publics, a transformé le Père-Lachaise en l'espace d'une décennie. Ce qui était un cimetière minéral aux allées impeccables est devenu un jardin sauvage de deux cent vingt espèces végétales, soixante-deux espèces d'oiseaux, trois couples de renards et une renoncule protégée.
Le conservateur du Père-Lachaise, Benoît Gallot, fils et petit-fils de marbriers funéraires, a vécu le changement de l'intérieur. Gallot a d'abord mis en place le plan zéro phyto à Ivry-sur-Seine en 2010, avant d'arriver au Père-Lachaise. « Au départ, j'étais réfractaire à ce nouveau mode de fonctionnement, et maintenant je suis non seulement convaincu, mais un adepte », reconnaît le conservateur. « La suppression totale des pesticides a permis à une biodiversité impressionnante de se développer. » Le basculement n'a pas été simple. Les jardiniers ont dû réapprendre leur métier : désherber à la main, tondre de façon différenciée — couper l'herbe dans les allées fréquentées, laisser pousser dans les divisions les moins visitées —, accepter que des plantes sauvages colonisent les tombes abandonnées. Gallot a fait appel à un bureau d'études spécialisé pour établir un plan de gestion différenciée des espaces verts.
« Au départ, j'étais réfractaire à ce nouveau mode de fonctionnement, et maintenant je suis non seulement convaincu, mais un adepte ! » Le conservateur Benoît Gallot résume en une phrase dix ans de révolution écologique au Père-Lachaise.
Dix ans après l'arrêt des pesticides, le Père-Lachaise a été transformé. Les allées sont enherbées. Les trottoirs entre les tombes sont engazonnés par placage de gazon précultivé ou par semis. Des violettes, des perce-pierres, des ruines-de-Rome et des laitues des murailles poussent entre les dalles funéraires. Des orchidées sauvages apparaissent en été dans les pelouses des divisions du sud-est. La renoncule à petites fleurs, espèce protégée en Île-de-France, a été identifiée dans le cimetière. Le retour des plantes a entraîné le retour des insectes. Le retour des insectes a entraîné le retour des oiseaux — soixante-deux espèces recensées entre 2010 et 2020, dont la chouette hulotte et l'épervier d'Europe. Le retour des rongeurs a entraîné l'arrivée des renards en 2020. La chaîne alimentaire s'est reconstituée d'elle-même sur quarante-quatre hectares cernés par le béton du XXe arrondissement.
Le Père-Lachaise emploie quatre-vingts agents : fossoyeurs, cantonniers, jardiniers, gardiens. Le cimetière reste un cimetière avant tout — dix mille cérémonies par an, des familles en deuil, des tombes à entretenir. La biodiversité n'est pas un choix romantique : c'est un mode de gestion. Le Père-Lachaise est fermé au public de dix-huit heures à huit heures et ne dispose d'aucun éclairage nocturne — la nuit est laissée aux animaux. La Petite Ceinture, l'ancienne voie ferrée désaffectée qui longe le cimetière côté est, forme un corridor écologique qui relie le site aux autres espaces verts parisiens. Le conservateur Benoît Gallot, dans La Vie secrète d'un cimetière, paru aux éditions Les Arènes en 2022, raconte comment ce choix a changé le regard des Parisiens sur le lieu. Les familles endeuillées demandent des nouvelles des renards. Les visiteurs lèvent les yeux vers les chouettes. Le Père-Lachaise est le même cimetière qu'en 2015 — moins les pesticides, plus la vie.
Non. Le Père-Lachaise a supprimé tout traitement phytosanitaire en 2015, deux ans avant la loi Labbé. Les jardiniers désherbent à la main et pratiquent une gestion différenciée : tonte des allées fréquentées, végétation libre dans les divisions les moins visitées.
Benoît Gallot est conservateur du Père-Lachaise. Fils et petit-fils de marbriers funéraires, Gallot dirige 80 agents et vit sur place avec sa famille. Gallot a raconté la vie du cimetière dans La Vie secrète d'un cimetière (Les Arènes, 2022).
Le Père-Lachaise est le plus grand espace vert de Paris intra-muros : 44 hectares, 4 134 arbres. L'arrêt des pesticides en 2015 et l'enherbement des allées ont permis le retour de 220 espèces végétales sauvages et de 62 espèces d'oiseaux.
La loi Labbé (2017) interdit l'usage des pesticides dans les espaces publics en France. Le Père-Lachaise a anticipé cette loi en supprimant tout traitement phytosanitaire dès 2015. Le cimetière pratique depuis une gestion différenciée de ses 44 hectares.