Comprendre les 97 divisions du Père-Lachaise
Depuis 1804, le cimetière s'est agrandi cinq fois et compte quatre-vingt-dix-sept divisions numérotées, certaines réservées à des cultes ou des corps de métier.
Depuis 1804, le cimetière s'est agrandi cinq fois et compte quatre-vingt-dix-sept divisions numérotées, certaines réservées à des cultes ou des corps de métier.
Quatre-vingt-dix-sept divisions numérotées, cinq agrandissements successifs, des carrés entiers autrefois réservés à des cultes ou des corps de métier : le plan du Père-Lachaise n'a rien d'un simple quadrillage administratif. Il raconte, division par division, l'histoire d'un cimetière qui a dû grandir cinq fois pour accueillir Paris tout entier.
Ouvert le 21 mai 1804 sur l'ancien terrain de retraite des jésuites du Mont-Louis, le cimetière ne couvre au départ qu'une surface modeste. Paris grandit vite, et le Père-Lachaise doit suivre : cinq agrandissements successifs, en 1824, 1829, 1832, 1842 et 1850, le font passer d'environ dix-sept à quarante-quatre hectares. Chaque nouvelle parcelle reçoit ses propres numéros de division, ajoutés à la suite des précédents sans que le plan d'origine soit jamais renuméroté — d'où un découpage qui suit l'histoire de l'extension du site plutôt qu'une logique géographique stricte.
Chaque nouvelle parcelle reçoit ses propres numéros de division, sans que le plan d'origine soit jamais renuméroté.
Certaines divisions portent une histoire à part. La division 7, aujourd'hui simplement appelée carré juif, aurait été créée vers 1810 — même si certaines sources avancent plutôt 1808. Elle fut longtemps entourée d'un mur, dotée d'une pièce de purification et d'un pavillon de gardien, avec sa propre entrée, aujourd'hui nommée porte du Repos. Les divisions 39 et 40 forment de leur côté le carré protestant, créé en 1807 après la mort du pasteur Jean-Frédéric Mestrezat, sur un terrain autrefois marécageux occupé par d'anciens étangs.
La division 85 est associée à une mosquée bâtie en 1857 pour servir de repère aux sépultures musulmanes du cimetière — un bâtiment aujourd'hui disparu, dont l'histoire est racontée à part. Plus au sud-est, la division 76 porte la mémoire d'un événement autrement plus violent : c'est contre son mur, dit mur des Fédérés, que cent quarante-sept combattants de la Commune de Paris furent fusillés le 28 mai 1871, lors de la Semaine sanglante. Un peu plus loin, le quartier des Maréchaux d'Empire rassemble des monuments en grande partie sculptés par David d'Angers, sans qu'aucune source ne permette d'en fixer précisément la division.
De ce découpage historique, il reste aujourd'hui des repères bien concrets : les fondations du mur du carré juif, encore visibles par endroits, la plaque commémorative posée en 1908 contre le mur des Fédérés, et surtout les plaques numérotées présentes à chaque carrefour d'allée. Ce sont elles, plus que n'importe quelle carte, qui permettent encore de se repérer division par division dans le cimetière.
Le découpage résulte des cinq agrandissements successifs du cimetière entre 1824 et 1850 : chaque nouvelle parcelle a reçu ses propres numéros de division sans que le plan d'origine soit renuméroté. Le résultat suit l'histoire de l'extension du site plutôt qu'une logique géographique stricte.
Découvrir les cinq agrandissements du cimetièreC'est la division 7, un espace historiquement réservé aux sépultures juives et entouré d'un mur dont les fondations sont encore visibles aujourd'hui. Sa création daterait de 1810 selon certains historiens, même si d'autres sources avancent 1808 : les deux dates circulent encore.
Découvrir l'histoire complète du Père-LachaiseOui, la division 85 est associée à une mosquée construite en 1857 pour servir de repère aux sépultures musulmanes du cimetière. Le bâtiment d'origine a aujourd'hui disparu, mais son histoire complète, méconnue même des habitués, est racontée dans un article dédié du magazine.
Lire l'histoire de la mosquée oubliéeIl se situe dans la division 76, à l'angle sud-est du cimetière. C'est contre ce mur que 147 combattants de la Commune de Paris ont été fusillés le 28 mai 1871, pendant la Semaine sanglante. Une plaque commémorative y est installée depuis 1908 et le lieu reste visité chaque année.
Revivre la Semaine sanglante de 1871