
Sophie Gail publia sa première romance à quatorze ans, par le genre qui ouvrait alors la musique aux femmes. Mariée en 1795 à l'helléniste Jean-Baptiste Gail, professeur au Collège de France, dont elle divorça en 1801, elle étudia la composition et fit monter à Paris quatre opéras-comiques entre mars 1813 et septembre 1814, ce dont presque aucune femme n'était capable alors. On ne les joue plus, mais le fait demeure : une compositrice programmée sous l'Empire.
L'histoire
Née à Paris le 28 août 1775, fille du chirurgien Claude-François Garre, Sophie Gail publie sa première romance à quatorze ans — le genre par lequel les femmes pouvaient alors entrer en musique.
Elle épouse l'helléniste Jean-Baptiste Gail (1755-1829), professeur au Collège de France : un mariage de savants, qui lui laisse la liberté de composer.
Elle fait jouer des opéras-comiques sur les scènes parisiennes, ce qu'aucune ou presque aucune femme n'obtenait alors — et elle chante aussi, en concert, en France et à l'étranger.
Ses ouvrages ne sont plus joués, mais leur existence est un fait : une compositrice programmée sous l'Empire, à une époque où la composition passait pour un métier d'homme.
Elle meurt à Paris le 24 juillet 1819, à quarante-trois ans, et repose en division 17, chemin de La Bédoyère, troisième ligne, avec son mari et leur fils le librettiste Jean-François Gail (1795-1845).
La sépulture
Une tombe familiale sans monument particulier, où la compositrice partage l'espace avec deux hommes de lettres : son mari, l'helléniste Jean-Baptiste Gail (1755-1829), professeur au Collège de France, et leur fils le librettiste Jean-François Gail (1795-1845). Son inscription est la plus brève des trois : « Sophie GAIL, 1776-1819 ». La première date est fausse — elle est née le 28 août 1775 — et rien n'y dit qu'elle composait, ni qu'elle fut jouée.
Sur place, ne manquez pas
L'inscription qui la concerne tient en trois éléments : « Sophie GAIL, 1776-1819 » — et la date de naissance y est fausse : elle est née le 28 août 1775. La tombe familiale porte aussi son mari, helléniste du Collège de France, et leur fils, librettiste.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Sophie Gail ?
En division 17, chemin de La Bédoyère, troisième ligne, dans la tombe familiale : son mari l'helléniste Jean-Baptiste Gail et leur fils le librettiste Jean-François Gail y reposent. L'inscription qui la concerne tient en un nom et deux dates.
Michel ChaslesPourquoi Sophie Gail est-elle une figure rare ?
Parce qu'une femme qui faisait jouer des opéras-comiques à Paris sous l'Empire était presque sans exemple. Elle avait publié sa première romance à quatorze ans — le seul genre par lequel les femmes pouvaient alors entrer en musique.
Hubertine AuclertQui était son mari ?
L'helléniste Jean-Baptiste Gail (1755-1829), professeur au Collège de France et traducteur des textes grecs. Un mariage de savants, qui lui a laissé le temps et la liberté de composer — chose alors moins courante que l'inverse.
Auguste ComteSes œuvres sont-elles encore jouées ?
Presque jamais. Mais leur existence suffit : des opéras-comiques d'une femme programmés sur les scènes parisiennes de 1810, à une époque où la composition passait pour un métier d'homme, et son nom sur les affiches.
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