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Portrait de Sébastien BOTTIN
Politique & histoire

Sébastien BOTTIN

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Statisticien, éditeur, administrateur.

Curé constitutionnel devenu fonctionnaire, il compilait et recensait partout où il passait. Son Almanach du commerce, publié chaque année à partir de 1819, devint « le Bottin », et son nom un nom commun. Il mourut criblé de dettes ; le marbrier a gravé 1784 au lieu de 1764.

EmplacementAvenue des Acacias, 1ʳᵉ ligne
Division30
Dates1764 – 1853

L'histoire

Sébastien Bottin repose en trentième division, sous une pierre sobre et sans ornement, semblable à celles qui l'entourent. Son nom, lui, est devenu un nom commun : un bottin, c'est un annuaire, et on le dit encore.

Sébastien Bottin naquit en 1764 à Grimonviller, en Lorraine, dans une famille bourgeoise originaire de Vézelise. Il embrassa l'état ecclésiastique : l'abbé Bottin fut curé constitutionnel de Favières et participa à la Fête de la Fédération en 1790. La Révolution le transforma. Il signa la Constitution civile du clergé, puis renonça définitivement à la prêtrise, et servit la République avec la rigueur qu'il avait mise à ses fonctions passées : procureur, receveur des domaines, secrétaire général de la préfecture du Nord. Partout où il passait, il compilait, classait et recensait.

Sa passion du répertoire lui donna sa grande affaire. L'Almanach du commerce de Paris ne venait pas de lui : il paraissait depuis 1798, fondé par d'autres. Bottin le reprit en 1819 et le transforma — des milliers d'adresses, de noms et de métiers rangés en colonnes serrées, rue par rue, métier par métier, jusqu'aux principales villes du monde. Il le publia chaque année pendant trente-quatre ans, jusqu'à sa mort, et son nom finit par passer devant le titre : on ne disait plus l'Almanach, on disait « le Bottin ».

Sébastien Bottin mourut en 1853, criblé de dettes et dans l'indifférence. Ses héritiers vendirent l'almanach à la famille Didot, qui l'étendit à la France entière et en fit une société cotée en Bourse ; en 1903 parut le Bottin mondain, premier répertoire du tout-Paris. Son prénom disparut, son nom entra dans la langue commune. La rue Sébastien-Bottin, dans le 7ᵉ arrondissement, le lui rendait depuis 1929, jusqu'à ce qu'on la rebaptise en 2011 du nom de Gaston Gallimard. Reste sa pierre, où le marbrier s'est trompé d'année : elle le fait naître en 1784, vingt ans trop tard. L'homme qui passa sa vie à recenser les autres est mal recensé sur sa propre tombe.

La sépulture

Une pierre sobre, sans ornement, semblable à celles qui l'entourent. Rien n'y signale que le nom gravé est devenu un nom commun.

Sur place, ne manquez pas

La sobriété même de la pierre : sans ornement, elle ne se distingue en rien de ses voisines de la trentième division. Seul le nom gravé signale qu'il est devenu un nom commun.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe de Sébastien Bottin ?

En division 30 du Père-Lachaise. La sépulture est sobre, sans ornement, et ne se distingue en rien de celles qui l'entourent — seul le nom gravé signale l'un des mots les plus courants de la langue française.

Emmanuel-Joseph Sieyès

Qu'est-ce que « le Bottin » ?

L'Almanach du commerce de Paris et des principales villes du monde, publié chaque année à partir de 1819 : des milliers d'adresses, de noms et de métiers en colonnes serrées. Pendant trente-quatre ans, il fut l'instrument incontournable de la vie commerciale parisienne.

Jean-Noël Monrocq

Sébastien Bottin a-t-il été prêtre ?

Oui. L'abbé Bottin officie comme curé constitutionnel et participe à la Fête de la Fédération en 1790. Il signe la Constitution civile du clergé, puis renonce définitivement à la prêtrise et sert la République comme procureur, receveur des domaines et secrétaire général de la préfecture du Nord.

Alain Rey

Pourquoi son prénom a-t-il disparu ?

Parce que son nom seul est devenu un mot commun. Mort en 1853 criblé de dettes et dans l'indifférence, il voit son almanach repris par la famille Didot, développé puis coté en Bourse ; le Bottin mondain paraît en 1903. La rue Sébastien-Bottin lui rend hommage depuis 1929, avant qu'une partie en soit rebaptisée au profit de Gaston Gallimard en 2011.

Bernard Grasset

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