
Panhard reprit en 1867 un atelier de machines à bois, et rien ne le destinait à l'automobile : c'est son associé Levassor qui poussa la maison vers le moteur à explosion. En 1891, leur voiture rompt avec les fiacres motorisés : moteur à l'avant, embrayage, boîte de vitesses, transmission aux roues arrière. Ce sera le standard mondial jusqu'aux années 1970.
L'histoire
Ingénieur diplômé de l'École centrale, René Panhard s'associe en 1867 à Jules Périn, fabricant parisien de machines à travailler le bois, et prend seul la tête de la maison à la mort de celui-ci, en 1886. Rien ne le destine à l'automobile : c'est son associé et camarade de promotion Émile Levassor qui pousse l'entreprise vers le moteur à explosion.
La licence française des brevets de Gottlieb Daimler appartenait à un avocat, Édouard Sarazin ; à sa mort, sa veuve Louise la porta à l'atelier — et épousa Levassor. En 1891, l'atelier de l'avenue d'Ivry sort une voiture dont l'agencement rompt avec les fiacres motorisés de l'époque : le moteur passe à l'avant, suivi d'un embrayage, d'une boîte de vitesses et d'une transmission aux roues arrière. Levassor résume l'invention d'une phrase restée célèbre — « c'est brutal, mais ça marche ». Ce sera le « système Panhard », standard mondial jusqu'aux années 1970.
La démonstration se fait en course. En 1895, Levassor arrive le premier au bout des 1 178 kilomètres de Paris-Bordeaux-Paris, quarante-huit heures presque sans quitter le volant — mais le premier prix va à une Peugeot arrivée quatrième, parce que le règlement exigeait quatre places. L'année suivante, un accident de course le blesse ; il en meurt en 1897, et Panhard poursuit seul.
René Panhard meurt en 1908 et repose en division 36, dans une allée où l'on croise aussi la sépulture de Nadar. La marque lui survivra jusqu'en 1967, absorbée par Citroën, puis poursuivra une carrière de constructeur de blindés.
Sur place, ne manquez pas
Une sépulture bourgeoise sans emphase, à deux pas de celle de Nadar : deux inventeurs du siècle dans la même allée.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de René Panhard ?
En division 36 du Père-Lachaise, dans la partie centrale du cimetière. Le photographe Nadar, pionnier lui aussi mais de l'image et du ballon, repose dans la même division, à quelques dizaines de mètres de là.
Nadar, division 36Qu'est-ce que le système Panhard ?
La disposition inventée en 1891 par Panhard et Levassor : moteur à l'avant, puis embrayage, boîte de vitesses et transmission aux roues arrière. Elle remplace les fiacres motorisés et devient l'architecture standard de l'automobile mondiale pour près d'un siècle.
Ettore BugattiPanhard a-t-il inventé le moteur de ses voitures ?
Non. L'atelier fabriquait des machines à travailler le bois ; c'est son associé Émile Levassor qui obtint la licence française des brevets de l'Allemand Gottlieb Daimler. Le génie de Panhard & Levassor fut d'agencer ce moteur en une architecture cohérente.
Jean-François Cail, mécanicienLa marque Panhard existe-t-elle encore ?
Plus comme constructeur automobile : la production de voitures particulières cesse en 1967, après l'absorption par Citroën. Le nom subsiste dans l'armement, où Panhard a longtemps produit des véhicules blindés légers pour l'armée française.
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