
Lazareff avait tout du grand patron de journaux, emporté et redouté, et l'on parlait de ses colères autant que de son journal. Il passe la guerre à New York, aux micros américains destinés à l'Europe occupée, puis reprend à la Libération Défense de la France, le quotidien clandestin de la Résistance, et le rebaptise France-Soir : ce sera la presse populaire des Trente Glorieuses. Sa femme, Hélène, avait créé de son côté le magazine Elle : deux empires dans un même couple. Aucun des deux titres n'est nommé là où ils sont.
L'histoire
Ses colères ont fait sa réputation autant que son journal. Colérique, impulsif, d'un caractère entier, Pierre Lazareff était l'archétype du patron de presse à la française — et l'une des figures les plus redoutées du métier.
Né le 16 avril 1907, formé au lycée Condorcet, il quitte la France pour New York en 1940, entre à l'Office of War Information et dirige depuis Londres les émissions de radio destinées à l'Europe occupée. Rentré à la Libération, il reprend Défense de la France, journal clandestin de la Résistance, et le rebaptise France-Soir : le quotidien devient le plus lu de France et le symbole de la presse populaire des Trente Glorieuses.
Son épouse Hélène Gordon-Lazareff fonde de son côté, en 1945, le magazine ELLE : deux empires de presse dans un même couple.
Pierre Lazareff meurt le 21 avril 1972, cinq jours après ses soixante-cinq ans. Quatre noms se lisent sur la pierre de la division 7 : le sien, celui d'Hélène, celui de Nina — la fille qu'il avait recueillie enfant en 1932 puis adoptée — et celui de Jean, mort à cent un ans en 2012. Ni Paris-Soir ni France-Soir n'y sont nommés.
La sépulture
Une sépulture à quatre inscriptions, dont deux valent chacune un titre de presse : « Pierre LAZAREFF, 16 avril 1907 – 21 avril 1972 » — France-Soir — et « Hélène GORDON-LAZAREFF, 21 septembre 1909 – 16 février 1988 » — ELLE, qu'elle fonda en 1945. Suivent « Nina LAZAREFF, 24 décembre 1929 – 30 avril 1999 » et « Jean LAZAREFF, 1911-2012 », mort à cent un ans. Aucun des deux journaux n'est nommé sur la pierre.
Sur place, ne manquez pas
Deux noms valent chacun un titre de presse : Pierre Lazareff pour France-Soir, Hélène Gordon-Lazareff pour ELLE. Aucun des deux journaux n'est gravé.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Pierre Lazareff ?
En division 7, avenue Rachel, huitième ligne. Quatre noms figurent sur la pierre : le sien, celui d'Hélène Gordon-Lazareff, fondatrice d'ELLE, celui de Nina (1929-1999) et celui de Jean, mort centenaire en 2012.
Hélène LazareffD'où vient France-Soir ?
D'un journal clandestin de la Résistance, Défense de la France, que Pierre Lazareff reprit à la Libération et rebaptisa le 7 novembre 1944. Le titre devint le plus lu de France et le symbole de la presse populaire des Trente Glorieuses ; son patron en était l'archétype, colérique et impulsif.
RachelQui était Hélène Gordon-Lazareff ?
Son épouse — et la fondatrice, en 1945, du magazine ELLE en France. Elle est morte en 1988 et repose avec lui : deux empires de presse dans une même tombe, celle d'un couple qui a façonné la lecture française.
Camille PissarroQu'a-t-il fait pendant l'Occupation ?
Il a quitté la France pour New York en 1940, est entré à l'Office of War Information américain et a dirigé depuis Londres les émissions de radio destinées à l'Europe occupée. C'est au retour qu'il bâtit France-Soir et devient l'une des figures les plus puissantes — et les plus redoutées — de la presse française.
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