
Edmond Haraucourt, poète né en 1856, a donné à la langue un vers que chacun connaît sans savoir de qui il est : « Partir, c'est mourir un peu. » Il avait débuté par un scandale, un recueil érotique signé d'un pseudonyme en 1882, dont un sonnet dessinait sa propre silhouette sur le papier, bien avant les Calligrammes d'Apollinaire. Il dirigea ensuite le musée de Cluny, de 1903 à 1925.
L'histoire
Né à Bourmont le 18 octobre 1856, Haraucourt débute par un scandale : La Légende des sexes (1882), recueil érotique publié sous le pseudonyme du Sire de Chambley, qu'il n'assumera qu'à demi.
Le recueil contient un « Sonnet pointu » dont les vers dessinent une forme sur la page : plus de trente ans avant les Calligrammes d'Apollinaire, la poésie y devient image.
Le Rondel de l'adieu, publié en 1890 dans son roman en vers « Seul », lui donne un vers que tout le monde connaît et que presque personne ne lui attribue : « Partir, c'est mourir un peu. » Mis en musique par Francesco Paolo Tosti en 1902, il fera le tour du monde.
Il mène en parallèle une carrière de conservateur : le musée de Sculpture comparée, au palais du Trocadéro, de 1894 à 1903, puis le musée de Cluny et ses collections médiévales de 1903 à 1925. Il préside la Société des gens de lettres de 1920 à 1922.
Il meurt à Paris le 17 novembre 1941, sous l'Occupation, et repose en division 89, avenue Aguado, deuxième ligne. Mathilde Haraucourt (1875-1961) l'y a rejoint vingt ans plus tard.
La sépulture
Une sépulture d'une simplicité complète : deux noms, quatre dates, rien d'autre — « Edmond HARAUCOURT, 1856-1941 » et « Mathilde HARAUCOURT, 1875-1961 ». Aucune mention du Rondel de l'adieu ni des vingt-deux années de conservateur, au musée de Sculpture comparée du Trocadéro puis à Cluny. Le vers qui lui a survécu, « Partir, c'est mourir un peu », n'est pas gravé : c'est l'un des cas les plus nets, au Père-Lachaise, d'une pierre plus discrète que la mémoire.
Sur place, ne manquez pas
Une pierre sans ornement, pour l'auteur du vers le plus cité de la langue française après ceux de Corneille. Rien n'y rappelle le Rondel de l'adieu, ni les vingt-deux ans passés à Cluny.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Edmond Haraucourt ?
En division 89, avenue Aguado, deuxième ligne, sous une pierre très simple portant deux noms : Edmond Haraucourt (1856-1941) et Mathilde Haraucourt (1875-1961). La division est celle d'Oscar Wilde et de Georges Courteline.
Franc-NohainD'où vient « Partir, c'est mourir un peu » ?
Du Rondel de l'adieu, poème d'Edmond Haraucourt publié en 1890 dans son roman en vers « Seul », et mis en musique par Francesco Paolo Tosti en 1902. Le vers est devenu proverbial dans la langue française, cité le plus souvent sans que son auteur soit connu.
Alfred de MussetHaraucourt a-t-il inventé le calligramme ?
Il l'a devancé. Son « Sonnet pointu », publié dans La Légende des sexes en 1882, dessine une forme avec ses vers — trente-six ans avant les Calligrammes d'Apollinaire, qui repose lui aussi au Père-Lachaise, en division 86.
Guillaume ApollinaireQuel métier exerçait-il en dehors de la poésie ?
Conservateur de musée : le musée de Sculpture comparée, au palais du Trocadéro, de 1894 à 1903, puis Cluny et ses collections médiévales de 1903 à 1925. Son voisin d'allée, le journaliste guatémaltèque Enrique Gómez Carrillo, repose une ligne plus loin.
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