En 1899, Hector Guimard dessine la sépulture d'un négociant en vins, Ernest Caillat, en division 2 du Père-Lachaise. C'est la seule tombe Art nouveau du cimetière conçue par l'architecte des entrées du métro parisien — et Guimard lui-même n'y repose pas.
En prenant à droite après l'entrée principale du Père-Lachaise, boulevard de Ménilmontant, on tombe au bout de quelques mètres sur une forme qui ne ressemble à rien de ce qui l'entoure. Là où les tombes voisines alignent colonnes néoclassiques et chapelles de granit, une sculpture de pierre aux courbes végétales se déploie comme un organisme vivant. Pas un angle droit, pas une moulure classique, pas une croix. La pierre ondule, se tord, enveloppe l'espace comme une feuille qui se referme. La signature est gravée dans le matériau : Hector Guimard. L'homme qui dessina les entrées du métro de Paris, les balcons du Castel Béranger et les salles de concert Humbert de Romans a aussi dessiné une tombe. Une seule, au Père-Lachaise. Elle date de 1899 — la même année que les premières bouches de métro.
Hector Guimard naît à Lyon le 10 mars 1867, fils d'un professeur de gymnastique. Il monte à Paris adolescent, étudie à l'École des arts décoratifs puis aux Beaux-Arts, et construit son premier immeuble à vingt-quatre ans. Le Castel Béranger, rue La Fontaine dans le XVIe arrondissement, achevé en 1898, fait de lui le chef de file de l'Art nouveau en France. En 1900, la Compagnie du Métropolitain lui commande les édicules de la première ligne. En quelques mois, les entrées Guimard deviennent le symbole de Paris — fontes aux formes végétales, lampadaires en forme de tiges, panneaux de verre orange portant l'inscription « Métropolitain ». Au total, Guimard conçoit cent quarante et une entrées, une cinquantaine de bâtiments, du mobilier, des poignées de porte, des vases, des papiers peints. Tout obéit au même principe : la forme organique, tirée de la nature, doit remplacer le répertoire antique.
La sépulture Caillat, en division 2, est la seule tombe dessinée par Guimard au Père-Lachaise. Ernest Caillat, négociant en vins parisien, meurt en 1899. Sa famille commande à Guimard un monument funéraire dans le style que l'architecte applique à tout ce qu'il touche : la pierre est sculptée en courbes continues, sans rupture, sans arête, sans angle. La tombe est un bloc organique dont chaque surface semble avoir poussé plutôt qu'avoir été taillée. Les lettres du nom sont intégrées au relief — elles ne sont pas gravées sur la pierre, elles en émergent. L'effet est saisissant : au milieu des stèles néoclassiques et des chapelles néogothiques de la division 2, la tombe Caillat ressemble à un objet tombé d'un autre siècle. C'est l'une des quatorze œuvres funéraires connues de Guimard, disséminées dans les cimetières de Paris, de Versailles, de Vanves et de province — la seule qui se trouve au Père-Lachaise.
Guimard a conçu cent quarante et une entrées de métro, une cinquantaine de bâtiments, des meubles, des poignées de porte, des vases — et une seule tombe au Père-Lachaise. Elle est toujours là. L'architecte, lui, est mort en exil.
L'Art nouveau n'a laissé que des traces discrètes dans les cimetières parisiens. Le mouvement, qui révolutionne l'architecture domestique et le mobilier urbain entre 1895 et 1910, ne pénètre presque pas l'art funéraire. Les familles qui commandent des tombes au tournant du siècle restent attachées au vocabulaire néoclassique — colonnes, urnes voilées, pleureuses drapées — qui domine depuis un siècle. La tombe Caillat est une exception. Guimard y transpose exactement les mêmes formes que dans ses immeubles et ses stations de métro : des courbes asymétriques inspirées des plantes, une ornementation structurelle plutôt que plaquée, et une absence totale de référence à l'Antiquité. Mais cette exception est restée sans descendance. L'Art nouveau s'éteint à Paris vers 1910, supplanté par l'Art déco, et le Père-Lachaise revient à ses colonnes brisées et à ses chapelles de granit.
Guimard meurt le 20 mai 1942 à New York, où il s'est exilé en 1938 avec sa femme Adeline Oppenheim, d'origine juive, pour fuir les lois raciales. L'architecte qui a donné à Paris son image la plus reconnaissable — les bouches de métro que le monde entier associe à la capitale — n'a pas de tombe à Paris. La tombe Caillat, en division 2, est le seul témoignage de Guimard au Père-Lachaise. Elle est toujours là, à quelques pas de l'entrée principale, dans un état de conservation correct. Les promeneurs passent devant sans la remarquer — ou s'arrêtent un instant, intrigués par ses formes inhabituelles, avant de reprendre leur chemin vers les tombes célèbres. C'est l'une des ironies du Père-Lachaise : l'architecte le plus célèbre de Paris y a signé une œuvre, et personne ne la cherche.
Y a-t-il une tombe d'Hector Guimard au Père-Lachaise ?
Guimard n'est pas enterré au Père-Lachaise. En revanche, l'architecte y a conçu la sépulture Ernest Caillat, en division 2, datée de 1899. C'est la seule tombe Art nouveau signée Guimard dans le cimetière. Guimard est mort en exil à New York en 1942.
La sépulture Ernest Caillat, en division 2 près de l'entrée principale, est la seule tombe Art nouveau conçue par Hector Guimard au Père-Lachaise. Ses courbes végétales et l'absence d'angles droits tranchent avec les stèles néoclassiques et les chapelles néogothiques voisines.
Qui est enterré dans la tombe Guimard au Père-Lachaise ?
La tombe de la division 2, dessinée par Hector Guimard, abrite Ernest Caillat, un négociant en vins parisien mort en 1899. La famille Caillat a commandé cette sépulture Art nouveau, la seule œuvre funéraire de Guimard au Père-Lachaise.
Pourquoi Hector Guimard n'est-il pas enterré à Paris ?
Guimard s'est exilé à New York en 1938 avec sa femme Adeline Oppenheim, d'origine juive, pour fuir les lois raciales de Vichy. L'architecte des entrées du métro de Paris est mort en exil le 20 mai 1942, sans jamais revenir en France.