Le Père-Lachaise accueille cinquante-six sépultures russes. La première date de 1814, quand les troupes du tsar ont bivouaqué dans le cimetière. Le mausolée Demidoff-Strogonoff, le plus imposant du Père-Lachaise, domine la falaise de Charonne.
En 1814, les troupes russes qui investissent Paris avec les armées alliées contre Napoléon livrent de violents combats au Père-Lachaise. Les élèves de l'École polytechnique et de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort défendent la colline de Charonne — le secteur romantique du cimetière. Les Russes l'emportent et installent leur bivouac parmi les tombes. Le froid est si vif qu'ils coupent pour se réchauffer tous les peupliers de l'avenue des peupliers. L'avenue est replantée de marronniers : elle devient l'allée Transversale n° 1. Un officier russe tué dans les combats est inhumé au cimetière — le premier fidèle de confession orthodoxe enterré au Père-Lachaise, qui ne comptait alors que des catholiques, des protestants, des israélites et des athées.
En avril 1818, le comte Demidoff fait enterrer la baronne Elisabeth Strogonoff, son épouse, dans un superbe mausolée au sommet du cimetière — un petit temple de style antique avec un sarcophage en marbre de Carrare, conçu par l'architecte Jaunet. Vers 1840, le fils du comte, le prince Demidoff — époux de la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III —, fait déplacer le tombeau et l'installe sur un énorme ouvrage de soubassement en pierre conçu par l'architecte Danjoy. Le soubassement consolide la falaise de Charonne en bordure du chemin du Dragon. Des marteaux de batteur d'or, des zibelines et des têtes de loup sont sculptés dans la pierre. Le mausolée Demidoff est le monument le plus imposant du Père-Lachaise.
En 1814, les soldats russes vainqueurs campent dans le cimetière. Le froid est si vif qu'ils coupent tous les peupliers de l'avenue pour faire du feu. L'avenue des peupliers devient l'allée des marronniers, puis l'allée Transversale n° 1.
D'autres tombeaux russes spectaculaires ponctuent le cimetière. La chapelle ouverte de la princesse Zénaïde Dolgorouky en division 48, surmontée d'un clocher orthodoxe, abrite un groupe en marbre grandeur nature par Daniel Campagne. En division 49, le gisant en marbre de la danseuse Hélène Andrianoff, sculpté par Antonio Rossetti en 1857, est l'un des plus beaux du cimetière. En division 82, la basilique funéraire de Jean de Yakovleff, peinte par Fédoroff, transporte le visiteur dans une église russe. Après 1917, le cimetière reçoit les exilés de la révolution bolchevique : Alexandre Potressoff, fondateur de la social-démocratie russe, mort à Paris en 1934 en division 87, et Boris Bajanov, secrétaire de Staline, mort à Paris en 1982 en division 49.
Le visiteur qui emprunte le chemin du Dragon au Père-Lachaise longe la falaise de Charonne et lève les yeux vers le mausolée Demidoff — un monument si massif qu'il semble appartenir à une autre échelle que le cimetière. En division 84, le Mémorial des combattants russes tombés dans la Résistance française, inauguré le 3 mai 2005 pour le soixantième anniversaire de la victoire sur le nazisme, montre un maquisard de bronze en action, réalisé à Moscou par le sculpteur Vladimir Sourovtsev. Le Père-Lachaise compte cinquante-six sépultures russes. Les croix orthodoxes sont disséminées dans les divisions, reconnaissables à leur traverse oblique. La Russie et le Père-Lachaise ont une histoire commune depuis 1814 — des soldats du tsar aux exilés de la révolution, des princes aux résistants.
Oui. Le Père-Lachaise accueille 56 sépultures russes, du mausolée Demidoff-Strogonoff — le plus imposant du cimetière — aux tombes d'exilés de la révolution de 1917. Les croix orthodoxes sont reconnaissables à leur traverse oblique.
Quel est le plus grand monument du Père-Lachaise ?
Le mausolée Demidoff-Strogonoff est le monument le plus imposant du Père-Lachaise. Construit pour la baronne Elisabeth Strogonoff en 1818, le tombeau domine la falaise de Charonne depuis un soubassement en pierre conçu par l'architecte Danjoy vers 1840.
Pourquoi les Russes ont-ils combattu au Père-Lachaise ?
En 1814, les troupes russes alliées contre Napoléon ont livré de violents combats au Père-Lachaise contre les élèves de l'École polytechnique. Après la victoire, les soldats russes ont bivouaqué dans le cimetière et coupé les peupliers pour se réchauffer.
Des résistants russes sont-ils enterrés au Père-Lachaise ?
Oui. Le Mémorial des combattants russes tombés dans la Résistance française se trouve en division 84 du Père-Lachaise, inauguré le 3 mai 2005. La sculpture de bronze, réalisée à Moscou par Vladimir Sourovtsev, représente un maquisard en action.