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Patrimoine

Le Père-Lachaise avant la photographie

Avant l'invention de la photographie, le Père-Lachaise a été dessiné, gravé et lithographié par des dizaines d'artistes. Les gravures de Quaglia (1832) et de Lassalle et Rousseau (1839) documentent un cimetière aujourd'hui disparu.

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En 1817, le graveur Guignet publie une vue du Père-Lachaise prise depuis le tombeau de l'abbé Delille, d'après un dessin de Courvoisier. On y voit un cimetière encore clairsemé — quelques centaines de tombes dispersées dans un paysage vallonné, des peupliers le long des allées, pas de chapelles, pas de murs. Le Père-Lachaise a treize ans. L'image appartient à une collection particulière et n'existe nulle part ailleurs. C'est le paradoxe des gravures anciennes du Père-Lachaise : elles documentent un cimetière que la photographie, inventée vingt ans plus tard, n'a jamais connu. Les premiers daguerréotypes datent des années 1840 — à cette époque, le cimetière avait déjà radicalement changé.

Deux recueils de gravures font référence. En 1832, l'artiste Quaglia publie un album de gravures des monuments funéraires du Père-Lachaise — des planches détaillées qui montrent les tombeaux tels qu'ils étaient sous la monarchie de Juillet, avec leurs grilles, leurs statues, leurs inscriptions. Certains monuments dessinés par Quaglia n'existent plus : ses gravures sont les seules traces visuelles de sépultures disparues depuis deux siècles. En 1839, Lassalle et Rousseau publient à leur tour un recueil de gravures de monuments — un travail complémentaire de celui de Quaglia, avec un style plus romantique et des vues plus larges du cimetière. Les deux recueils sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale de France, dans le fonds Gallica.

En 1832, l'artiste Quaglia publie un recueil de gravures des monuments du Père-Lachaise. Certains tombeaux qu'il dessine n'existent plus — ses gravures sont les seules traces visuelles de monuments disparus depuis deux siècles.

À la fin du XIXe siècle, la carte postale prend le relais de la gravure. Le Père-Lachaise devient l'un des sujets les plus photographiés de Paris — les éditeurs de cartes postales proposent des vues du cimetière, des monuments célèbres, des allées sous la neige, des scènes de la Toussaint. Parmi les photographes, Fernand Fleury se distingue par une collection systématique de cartes postales de monuments du Père-Lachaise. Fleury photographie les tombeaux un par un, de face, avec une rigueur documentaire qui fait de sa collection un véritable inventaire photographique du cimetière au tournant du XXe siècle. L'APPL a numérisé et publié sur son site internet une partie de cette collection exceptionnelle.

Le visiteur qui compare les gravures de 1832 au Père-Lachaise d'aujourd'hui mesure l'ampleur de la transformation. Le cimetière clairsemé de Guignet est devenu une ville miniature de quatre-vingt-seize mille six cents concessions. Les peupliers ont été remplacés par des marronniers, puis par des érables et des tilleuls. Des tombeaux dessinés par Quaglia ont disparu — repris par la Ville, démolis, remplacés. D'autres sont toujours là, presque inchangés. Les gravures, les lithographies et les cartes postales anciennes du Père-Lachaise constituent un patrimoine iconographique irremplaçable — la mémoire visuelle d'un lieu qui n'a cessé de se transformer depuis deux cent vingt-deux ans.

Pour aller plus loin

Existe-t-il des gravures anciennes du Père-Lachaise ?

Oui. Deux recueils de gravures font référence : celui de Quaglia (1832) et celui de Lassalle et Rousseau (1839). Les deux sont conservés à la BnF. Les gravures documentent des tombeaux qui n'existent plus au Père-Lachaise.

Lire la grande histoire du Père-Lachaise

Qui est Fernand Fleury et quel est le lien avec le Père-Lachaise ?

Fernand Fleury est un photographe qui a constitué une collection systématique de cartes postales des monuments du Père-Lachaise au tournant du XXe siècle. L'APPL a numérisé une partie de cette collection documentaire exceptionnelle.

Voir la tombe d'Eugène Delacroix

Le Père-Lachaise a-t-il changé depuis le XIXe siècle ?

Oui, considérablement. Les gravures de 1817 montrent un cimetière clairsemé de quelques centaines de tombes. Le Père-Lachaise compte aujourd'hui 96 600 concessions sur 44 hectares. Des monuments dessinés par Quaglia en 1832 ont disparu depuis.

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Où trouver des images anciennes du Père-Lachaise ?

Les gravures de Quaglia (1832) et Lassalle-Rousseau (1839) sont sur Gallica (BnF). L'APPL publie sur son site internet des cartes postales anciennes de Fernand Fleury et des gravures du cimetière datant de 1810 à 1840.

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