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Quand les orchidées poussent entre les tombesSociété

Quand les orchidées poussent entre les tombes

Le Père-Lachaise abrite plus de deux cent vingt espèces végétales sauvages, recensées entre 2010 et 2020. Des orchidées sauvages y fleurissent en été. La renoncule à petites fleurs, espèce rare et protégée en Île-de-France, y pousse entre les dalles funéraires.

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Sur une tombe de la division 12 du Père-Lachaise, une petite fleur blanche pousse dans une fissure de la pierre. C'est une perce-pierre — une plante qui tire son nom de sa capacité à fendre la roche. Sur le flanc de la même sépulture, une profusion de corolles violet pâle : la cymbalaire des murs, que les botanistes appellent la « ruine-de-Rome ». Plus loin, entre deux dalles disjointes, une laitue des murailles offre ses feuilles comestibles à qui sait les reconnaître. Le Père-Lachaise abrite plus de deux cent vingt espèces végétales sauvages, inventoriées entre 2010 et 2020 par les naturalistes de la Ville de Paris. Et depuis l'arrêt des traitements phytosanitaires en 2015, la flore spontanée du cimetière s'enrichit d'année en année — jusqu'à accueillir des orchidées sauvages et des espèces protégées.

La découverte la plus remarquable est celle de la renoncule à petites fleurs, espèce rare et protégée en Île-de-France. Le conservateur Benoît Gallot a confirmé la présence de cette plante fragile au Père-Lachaise — un signe de la qualité écologique du site. La renoncule à petites fleurs ne pousse que dans des milieux préservés, à l'abri des pesticides et des tontes intensives. Des orchidées sauvages font également leur apparition dans le cimetière en été, colonisant les pelouses et les talus des divisions les moins fréquentées. La présence d'orchidées en plein Paris est exceptionnelle : ces plantes exigent un sol non traité, des champignons mycorhiziens dans le substrat et une absence de perturbation — trois conditions que le Père-Lachaise, avec ses quarante-quatre hectares fermés la nuit et sans pesticides depuis dix ans, réunit désormais.

La renoncule à petites fleurs, espèce rare et protégée en Île-de-France, pousse au Père-Lachaise entre les dalles funéraires. Le conservateur Benoît Gallot a confirmé la présence de cette plante fragile, signe d'un écosystème en bonne santé.

Les sépultures du Père-Lachaise forment un biotope unique en France. Les mousses, les lichens et les joubarbes colonisent les surfaces horizontales des dalles. Les pariétaires — la « plante des murs » — s'installent dans les joints de mortier des chapelles. Les sédums dorés forment des tapis jaunes sur les pierres les plus exposées au soleil. Au printemps, les violettes couvrent le sol de touches mauves, suivies par la morelle douce-amère aux fleurs violet foncé, le géranium herbe-à-Robert aux corolles roses, la benoîte commune aux pétales jaunes, et les cardamines blanches aux tiges élégantes. En automne, le lierre envahit les tombes abandonnées, formant des manteaux verts qui masquent les inscriptions funéraires. L'ethnobotaniste Valentine Diguet, qui a parcouru le cimetière en 2024, y a recensé des perce-pierres, des ruines-de-Rome, des laitues des murailles et des muscaris d'Arménie — des fleurs à grappes bleu électrique.

La richesse floristique du Père-Lachaise est le résultat direct de deux décisions : l'arrêt des pesticides en 2015 et l'enherbement des allées. Les jardiniers du cimetière laissent la flore spontanée s'installer entre les tombes. Les trottoirs sont engazonnés. Les herbes folles poussent entre les dalles. Le conservateur Benoît Gallot, dans La Vie secrète d'un cimetière, raconte comment la nature reprend ses droits dans un espace qui lui appartenait avant 1804. Le visiteur qui se penche sur les sépultures du Père-Lachaise découvre un jardin botanique involontaire : deux cent vingt espèces qui poussent là où personne ne les a plantées, des orchidées qui fleurissent entre les tombes, et une renoncule protégée qui a choisi de s'installer parmi les morts. Le Père-Lachaise est un cimetière — mais c'est aussi un herbier vivant de quarante-quatre hectares.

Pour aller plus loin

Y a-t-il des orchidées sauvages au Père-Lachaise ?

Oui. Des orchidées sauvages fleurissent au Père-Lachaise en été, colonisant les pelouses et les talus des divisions les moins fréquentées. La présence d'orchidées en plein Paris est exceptionnelle et résulte de l'arrêt des pesticides au cimetière depuis 2015.

Lire l'article sur les 9 arbres remarquables du Père-Lachaise

Quelles plantes rares poussent au Père-Lachaise ?

Le Père-Lachaise abrite la renoncule à petites fleurs, espèce rare et protégée en Île-de-France, et des orchidées sauvages. Le cimetière compte plus de 220 espèces végétales sauvages : perce-pierres, ruines-de-Rome, violettes, muscaris et géraniums herbe-à-Robert.

Voir la tombe d'Oscar Wilde

Combien d'espèces végétales poussent au Père-Lachaise ?

Plus de 220 espèces végétales sauvages ont été recensées au Père-Lachaise entre 2010 et 2020 par la Ville de Paris. Le cimetière abrite aussi 4 134 arbres de 80 essences différentes, dont 9 arbres classés remarquables, sur 44 hectares.

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Le Père-Lachaise utilise-t-il des pesticides ?

Non. Le Père-Lachaise n'utilise plus de traitement phytosanitaire depuis 2015. L'arrêt des pesticides a permis le retour de la flore spontanée et des insectes pollinisateurs. Le conservateur Benoît Gallot a choisi de laisser la nature reprendre ses droits entre les tombes.

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