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Neuf arbres qui ont vu passer les mortsPatrimoine

Neuf arbres qui ont vu passer les morts

Le Père-Lachaise compte neuf arbres classés remarquables par la Ville de Paris : un érable de Montpellier planté en 1833 en division 77, un cèdre du Liban de vingt-cinq mètres en division 4, un platane dont les racines englobent les tombes en division 45 et un arbre à gomme unique en Europe.

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En division 77 du Père-Lachaise, un érable de Montpellier de quatorze mètres de haut tend ses branches au-dessus des tombes. Le tronc mesure deux mètres trente-deux de circonférence. L'arbre a été planté en 1833 — trois ans après les Trois Glorieuses, onze ans avant la première ligne de chemin de fer parisienne, vingt ans avant Haussmann. C'est le doyen du Père-Lachaise et l'un des plus vieux arbres de Paris intra-muros. La Ville de Paris a classé neuf arbres du cimetière comme « arbres remarquables » — un label attribué aux spécimens exceptionnels par leur âge, leur taille, leur rareté botanique ou leur valeur paysagère. Parmi les quatre mille cent trente-quatre arbres du Père-Lachaise, ces neuf-là racontent chacun une histoire.

Le cèdre du Liban de la division 4, planté en 1870, atteint vingt-cinq mètres de haut avec une circonférence de trois mètres soixante-douze. C'est l'arbre le plus imposant du cimetière — un conifère majestueux qui domine l'entrée principale et les premières divisions, celles de l'ancien cimetière romantique de 1804. Le platane commun de la division 45, planté en 1890, mesure vingt-six mètres. C'est le plus haut arbre du Père-Lachaise. Les racines du platane ont englobé les sépultures voisines, enserrant les pierres tombales dans un réseau de bois qui semble digérer la pierre — un phénomène que les conservateurs appellent la « nécrophagie végétale ». Le marronnier d'Inde de la division 76, vingt-deux mètres de haut et trois mètres quarante-sept de tour, complète le trio des géants. Ces trois arbres ont été plantés dans la seconde moitié du XIXe siècle, quand le cimetière était déjà saturé de tombes.

L'érable de Montpellier de la division 77, planté en 1833, est le doyen du Père-Lachaise et l'un des plus vieux arbres de Paris. Quatorze mètres de haut, deux mètres trente-deux de tour, il était là avant Haussmann.

Les raretés botaniques du Père-Lachaise se concentrent dans les divisions du sud-est, sur le plateau de Charonne. En division 75, un arbre à gomme — un Eucommia ulmoides, dit gutta-percha — mesure douze mètres de haut avec une circonférence d'un mètre vingt. Planté en 1959, c'est le seul arbre producteur de latex en climat tempéré d'Europe. La sève de cet arbre, originaire de Chine, servait au XIXe siècle à fabriquer le gutta-percha, isolant électrique des premiers câbles sous-marins transatlantiques. En division 77, à côté du doyen érable de Montpellier, poussent un plaqueminier lotier de douze mètres, planté en 1913 — l'arbre du kaki —, et un chicot du Canada de dix mètres, planté en 1924, reconnaissable à son écorce grise qui se détache en plaques. En divisions 78 et 84, deux ginkgos biloba de quinze et vingt mètres, plantés en 1930, forment un couple de « fossiles vivants » — l'espèce est apparue il y a deux cent soixante-dix millions d'années.

Les neuf arbres remarquables du Père-Lachaise sont protégés par un plan de gestion spécifique de la Ville de Paris. Le cimetière, qui n'utilise plus de traitement phytosanitaire depuis 2015, laisse les arbres vieillir naturellement — les cavités des troncs servent de nid à la chouette hulotte et aux mésanges, les branches mortes sont laissées au sol pour nourrir les insectes saproxyliques. L'érable de Montpellier de 1833, le cèdre du Liban de 1870, le platane de 1890 : ces trois arbres ont traversé la Commune, deux guerres mondiales et la transformation du quartier. Le visiteur qui longe le chemin du Dragon en direction des divisions du sud-est marche sous une canopée plantée avant la naissance de ses arrière-grands-parents. Le Père-Lachaise est un musée de sculpture à ciel ouvert — mais c'est aussi un arboretum de quarante-quatre hectares où neuf arbres ont reçu le titre de monuments vivants.

Pour aller plus loin

Quel est le plus vieil arbre du Père-Lachaise ?

L'érable de Montpellier de la division 77, planté en 1833, est le doyen du Père-Lachaise et l'un des plus vieux arbres de Paris intra-muros. Haut de 14 mètres avec un tronc de 232 cm de circonférence, l'érable est classé arbre remarquable par la Ville de Paris.

Lire l'article sur les 62 espèces d'oiseaux du Père-Lachaise

Combien d'arbres y a-t-il au Père-Lachaise ?

Le Père-Lachaise compte 4 134 arbres sur 44 hectares, dont 9 classés arbres remarquables par la Ville de Paris. Le plus haut est un platane commun de 26 mètres en division 45, planté en 1890. Le plus vieux est un érable de 1833 en division 77.

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Quels arbres rares poussent au Père-Lachaise ?

Le Père-Lachaise abrite un arbre à gomme (Eucommia ulmoides) en division 75, seul producteur de latex en climat tempéré d'Europe, un plaqueminier lotier (arbre du kaki) en division 77 et deux ginkgos biloba en divisions 78 et 84, espèce vieille de 270 millions d'années.

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Le Père-Lachaise est-il un espace vert ?

Oui. Le Père-Lachaise est le plus grand espace vert de Paris intra-muros : 44 hectares, 4 134 arbres, 220 espèces végétales sauvages et 140 espèces animales. Le cimetière n'utilise plus de traitement phytosanitaire depuis 2015 et abrite 9 arbres classés remarquables.

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