Le Père-Lachaise compte des dizaines de femmes célèbres — Édith Piaf, Sarah Bernhardt, Colette, Rosa Bonheur, Isadora Duncan — mais les guides touristiques n'en mentionnent qu'une poignée. Sur quarante-quatre hectares et soixante-dix mille concessions, la mémoire féminine reste largement effacée.
Le Père-Lachaise est présenté comme le cimetière des grands hommes. Les circuits de visite officiels mènent de Molière à Chopin, de Balzac à Jim Morrison, de Proust à Oscar Wilde. Sur les vingt tombes les plus visitées, la quasi-totalité sont des sépultures masculines. Pourtant le cimetière abrite des dizaines de femmes dont la notoriété, le talent ou le destin ont marqué l'histoire : Édith Piaf en division 97, Sarah Bernhardt en division 44, Colette en division 4, Rosa Bonheur en division 74, Isadora Duncan au columbarium, Maria Callas au columbarium, la comtesse de Castiglione en division 28. La présence de ces femmes au Père-Lachaise est massive. Leur visibilité est presque nulle.
Certaines de ces femmes ont été des pionnières à une époque où le mot n'existait pas. Rosa Bonheur, née à Bordeaux en 1822, est la première femme artiste à recevoir la Légion d'honneur, remise en 1865 par l'impératrice Eugénie elle-même. Bonheur a obtenu une « permission de travestissement » de la préfecture de police pour porter le pantalon — nécessaire à son travail de peintre animalière dans les abattoirs et les foires aux bestiaux. Sarah Bernhardt, née en 1844, est considérée comme la première star internationale du spectacle vivant : Bernhardt a joué sur cinq continents, dirigé des théâtres, tourné des films muets et continué à se produire après l'amputation de la jambe droite en 1915. Colette, entrée au Goncourt en 1945, est la première femme à présider l'Académie Goncourt et la deuxième femme en France à recevoir des funérailles nationales — les premières étant celles de Victor Hugo, un homme.
D'autres femmes du Père-Lachaise sont tombées dans un oubli presque total. La comtesse de Castiglione, née Virginia Oldoïni, envoyée à Paris par Cavour en 1856 pour séduire Napoléon III et favoriser l'unité italienne, repose en division 28. La Castiglione a été la femme la plus photographiée du XIXe siècle — plus de quatre cents portraits posés, qu'elle mettait en scène elle-même dans des costumes élaborés, préfigurant l'art de la performance. Juliette Drouet, la compagne de Victor Hugo pendant cinquante ans, celle qui a sauvé les manuscrits du poète pendant l'exil, repose en division 52. Germaine Tailleferre, seule femme du Groupe des Six aux côtés de Poulenc et Milhaud, compositrice de plus de cent vingt œuvres, repose en division 89 dans un anonymat presque complet. Le Père-Lachaise ne manque pas de femmes célèbres : il manque de visiteurs qui les cherchent.
Rosa Bonheur a été la première femme artiste décorée de la Légion d'honneur, en 1865, par l'impératrice Eugénie en personne. Au Père-Lachaise, la tombe de Bonheur en division 74 est rarement visitée.
Depuis les années 2010, des parcours de visite consacrés aux femmes du Père-Lachaise ont été créés — par des associations, des guides touristiques indépendants, des historiennes. Ces circuits mettent en lumière une trentaine de sépultures féminines dispersées sur les quarante-quatre hectares du cimetière. Mais le déséquilibre structurel demeure : le Père-Lachaise est le reflet de deux siècles de société française, où l'accès à la notoriété — et à la concession perpétuelle — était massivement masculin. Les femmes présentes au cimetière y sont souvent arrivées comme épouses, mères ou filles, leur nom gravé en petit sous celui du mari. Retrouver les femmes célèbres du Père-Lachaise, c'est lire les pierres autrement — chercher les noms que l'on n'a pas gravés en premier.
Quelles femmes célèbres sont enterrées au Père-Lachaise ?
Le Père-Lachaise accueille de nombreuses femmes célèbres : Édith Piaf (division 97), Sarah Bernhardt (division 44), Colette (division 4), Rosa Bonheur (division 74), la comtesse de Castiglione (division 28), et les cendres d'Isadora Duncan et Maria Callas au columbarium.
Où est la tombe de Sarah Bernhardt au Père-Lachaise ?
La tombe de Sarah Bernhardt se trouve en division 44 du Père-Lachaise. Première star internationale du spectacle vivant, Bernhardt (1844-1923) a joué sur cinq continents, dirigé des théâtres et tourné des films muets avant de mourir à Paris à 78 ans.
Oui. Depuis les années 2010, des parcours de visite consacrés aux femmes du Père-Lachaise ont été créés par des associations et des guides indépendants. Ces circuits mettent en lumière une trentaine de sépultures féminines dispersées sur les 44 hectares du cimetière.
Oui. Rosa Bonheur (1822-1899), peintre animalière et première femme artiste décorée de la Légion d'honneur en 1865, repose en division 74 du Père-Lachaise. La tombe, rarement visitée, est partagée avec Nathalie Micas, la compagne de Bonheur.