« Être enterré au Père-Lachaise, c'est comme avoir des meubles en acajou »
Victor Hugo résumait la mode des chapelles funéraires dans Les Misérables. Dès 1810, la première chapelle familiale apparaît en division 43. Aujourd'hui, le Père-Lachaise en compte des milliers — petits temples de pierre qui racontent deux siècles de vanité bourgeoise.
Dans Les Misérables, publié en 1862, Victor Hugo décrit l'enterrement du père Goriot au Père-Lachaise et observe que les riches sont enterrés dans les divisions hautes, où les allées sont pavées et les corbillards peuvent monter, tandis que les pauvres sont enterrés dans les divisions basses, où la boue monte aux genoux. Hugo résume d'une formule : « Être enterré au Père-Lachaise, c'est comme avoir des meubles en acajou. L'élégance se reconnaît là. » La phrase dit tout de la mode des chapelles funéraires au XIXe siècle — ces petits temples de pierre, de marbre ou de granit que les familles bourgeoises construisaient sur leurs concessions pour montrer leur rang social, même dans la mort.
La première chapelle funéraire du Père-Lachaise apparaît en 1810, en division 43 : c'est la chapelle Greffulhe, un édicule néoclassique qui imite un temple antique. L'idée se répand vite. La chapelle funéraire offre un avantage pratique — elle protège le caveau familial et permet d'y ajouter des cercueils pendant plusieurs générations — et un avantage social : elle affiche la richesse de la famille. Les architectes les plus en vue de Paris dessinent des chapelles : Visconti, Baltard, Viollet-le-Duc. Les styles se succèdent — néoclassique sous l'Empire, néogothique sous la Restauration, éclectique sous le Second Empire, Art nouveau au tournant du siècle. Certaines chapelles sont de véritables œuvres d'architecture, avec vitraux, mosaïques, statues et grilles en fer forgé.
Dans Les Misérables, Victor Hugo écrit : « Être enterré au Père-Lachaise, c'est comme avoir des meubles en acajou. L'élégance se reconnaît là. » La phrase date de 1862 — la mode des chapelles avait déjà un demi-siècle.
L'apogée de la chapelle funéraire se situe entre 1850 et 1914. Le Père-Lachaise se couvre de petits édifices de pierre — des milliers de chapelles serrées les unes contre les autres dans les divisions centrales. Les familles rivalisent de faste : vitraux commandés à des maîtres verriers, sculptures de bronze sur les façades, portes en fer forgé ciselé. Après la Grande Guerre, la mode décline. Les concessions perpétuelles coûtent cher, les familles s'éloignent de Paris, les héritiers ne renouvellent pas l'entretien. Le conservateur Benoît Gallot note dans La Vie secrète d'un cimetière que de nombreuses chapelles sont aujourd'hui abandonnées — portes enfoncées, vitraux brisés, murs fissurés. Certaines sont reprises par la Ville de Paris quand la concession est échue.
Le visiteur qui parcourt les divisions centrales du Père-Lachaise — les divisions 4, 10, 11, 28, 39 — marche entre des rangées de chapelles funéraires alignées comme les maisons d'une ville miniature. Certaines sont impeccablement entretenues, avec des fleurs fraîches et des vitraux intacts. D'autres sont à l'abandon, envahies par le lierre et les mousses. La chapelle funéraire est le monument le plus caractéristique du Père-Lachaise — celui qui donne au cimetière son aspect de ville dans la ville. Victor Hugo avait raison : la chapelle était l'acajou du XIXe siècle, le signe extérieur d'une richesse qu'on voulait montrer jusque dans la mort.
Pourquoi y a-t-il des chapelles au Père-Lachaise ?
Les chapelles funéraires du Père-Lachaise sont des édicules de pierre construits par les familles bourgeoises au XIXe siècle. La première date de 1810 (chapelle Greffulhe, division 43). La chapelle protégeait le caveau familial et affichait le rang social.
Oui. Dans Les Misérables (1862), Victor Hugo décrit un enterrement au Père-Lachaise et écrit : « Être enterré au Père-Lachaise, c'est comme avoir des meubles en acajou. » Hugo observe que les riches sont enterrés en haut, les pauvres en bas.
Quelle est la plus ancienne chapelle du Père-Lachaise ?
La chapelle Greffulhe, construite en 1810 en division 43 du Père-Lachaise, est la première chapelle funéraire du cimetière. C'est un édicule néoclassique imitant un temple antique, construit 6 ans après l'ouverture du cimetière en 1804.
Les chapelles du Père-Lachaise sont-elles entretenues ?
Certaines chapelles du Père-Lachaise sont impeccablement entretenues par les familles concessionnaires. D'autres sont abandonnées — portes enfoncées, vitraux brisés, murs fissurés. La Ville de Paris peut reprendre les concessions échues.