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Portrait de Joseph Léopold Sigisbert HUGO
Politique & histoire

Joseph Léopold Sigisbert HUGO

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Officier de la Révolution et de l'Empire, père de Victor Hugo.

Le général Léopold Hugo, père de Victor, fit la guerre de Vendée, la campagne du Rhin, l'Italie et l'Espagne, où Joseph Bonaparte le fit comte de Sigüenza et gouverneur d'Ávila puis de Ségovie. En 1815, il tint Thionville trois mois sous le blocus des coalisés sans rendre la place. Son fils fit graver cette phrase sur l'obélisque en 1870 : « Par lui Thionville resta française » — l'année même où la ville tomba aux mains des Prussiens.

EmplacementChemin Saint-Louis, 1ʳᵉ ligne
Division27
Dates1773 – 1828

L'histoire

Né à Nancy le 15 novembre 1773, Léopold Hugo s'engage à quinze ans et sert sous la Révolution puis sous l'Empire. Il suit Joseph Bonaparte en Espagne, où il gouverne Ávila puis Ségovie et reçoit le titre de comte de Sigüenza.

Son fait d'armes est un siège. En 1815, après Waterloo, il tient Thionville trois mois sous le blocus des coalisés et ne rend pas la place. C'est cette ville tenue que son fils fera graver sur sa tombe.

Ce fils, Victor, écrira le vers le plus célèbre qu'un poète ait adressé à son père : « Mon père, ce héros au sourire si doux », qui ouvre « Après la bataille », en 1859 — trente et un ans après la mort du général. Le vers arrange la mémoire : le tribunal civil de la Seine avait prononcé en 1818 la séparation de Léopold Hugo et de Sophie Trébuchet, et l'enfance de l'écrivain s'était passée entre deux camps.

Il meurt à Paris le 29 janvier 1828, à cinquante-quatre ans. Victor en a vingt-cinq : la bataille d'Hernani, qui fera de lui le chef des romantiques, aura lieu deux ans plus tard.

En 1870, Paris est assiégé par les Prussiens, et Victor Hugo, rentré d'exil, fait graver sur l'obélisque : « Par lui Thionville resta française ». Thionville capitule le 24 novembre de la même année et devient allemande en 1871. La pierre, elle, rajeunit le général de deux ans : elle le dit né en 1775. Reposent là, en division 27, Sophie Trébuchet, morte en 1821 ; Eugène, le frère de Victor (1800-1837) ; ses deux fils, Charles (1826-1871) et François-Victor (1828-1873) ; et son petit-fils Georges Victor-Hugo (1868-1925). Victor Hugo, lui, est au Panthéon.

La sépulture

Un obélisque de pierre, en division 27, chemin Saint-Louis, première ligne, sous lequel reposent quatre générations de la famille. Il énumère les campagnes du général — « Guerre de Vendée, campagne du Rhin, guerre d'Italie, guerre d'Espagne, campagne de France, siège de Thionville, de 1792 à 1815 » — et s'achève sur la phrase que Victor Hugo y fit graver en 1870 : « Par lui Thionville resta française ». La pierre se trompe deux fois sur les naissances : elle fait naître le général le 15 novembre 1775 au lieu de 1773, et sa femme Sophie Trébuchet en 1780 au lieu de 1772.

Sur place, ne manquez pas

Lisez l'obélisque de haut en bas : il énumère six campagnes, « de 1792 à 1815 », et s'achève sur « Par lui Thionville resta française ». Vérifiez ensuite les deux dates de naissance : la pierre donne 1775 pour le général, né en 1773, et 1780 pour sa femme Sophie, née en 1772. Elle se trompe deux fois.

Les questions des visiteurs

Où se trouve la tombe du père de Victor Hugo ?

En division 27, chemin Saint-Louis, première ligne, sous un obélisque de pierre. L'aéronaute Gaston Tissandier repose sur le même chemin et la même ligne, sous une dalle gravée d'un ballon, dans la partie haute et ancienne du cimetière.

Gaston Tissandier

Victor Hugo repose-t-il au Père-Lachaise ?

Non : il est au Panthéon depuis ses funérailles nationales de 1885. Mais l'obélisque de la division 27 réunit son père, sa mère Sophie Trébuchet, son frère Eugène, ses deux fils Charles et François-Victor, et son petit-fils Georges.

Honoré de Balzac

Que veut dire « Par lui Thionville resta française » ?

Que le général Hugo tint la ville trois mois sous le blocus des coalisés, en 1815, sans la rendre. Victor Hugo fit graver la phrase en 1870, pendant le siège de Paris : elle est autant une protestation qu'un hommage. Thionville capitula pourtant le 24 novembre 1870, fut annexée par l'Empire allemand en 1871, et ne redevint française qu'en 1918.

Le général de Nansouty

Le général Hugo était-il vraiment « ce héros au sourire si doux » ?

Le vers est de son fils, et il arrange la mémoire : le tribunal civil de la Seine avait séparé le général et Sophie Trébuchet en 1818, et l'enfance de Victor Hugo s'était passée entre deux camps. Il l'écrivit en 1859, dans « Après la bataille », trente et un ans après la mort de son père. Le spectacle Mon alter Hugo de Gérard Berliner jouait de cet écart.

Gérard Berliner

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