
Jacques-Antoine Manuel s'était enrôlé à treize ans dans l'armée révolutionnaire et battu à Arcole avant de devenir avocat, puis l'orateur que la Restauration redoutait le plus. En février 1823, un discours où il s'oppose à l'expédition d'Espagne est tenu pour séditieux ; la Chambre vote son exclusion, il reste assis, et il faut des gendarmes pour le sortir. Sa phrase de ce jour-là est gravée.
L'histoire
Jacques-Antoine Manuel naît le 10 décembre 1775 près de Barcelonnette, dans une famille de magistrats. Il s'enrôle dans l'armée révolutionnaire à treize ans et se bat à Arcole sous Bonaparte, puis devient avocat à Digne et à Aix.
Élu député libéral des Basses-Alpes en 1815, de Vendée en 1818, il est l'un des orateurs les plus redoutés de la Restauration.
Le 27 février 1823, son discours contre l'expédition d'Espagne est jugé séditieux. La majorité vote son exclusion ; il refuse de sortir, et la gendarmerie l'expulse de force de la Chambre — scène sans précédent, que Victor Hugo évoquera dans « Les Châtiments ».
Sa phrase, ce jour-là, est restée : « Hier j'ai annoncé que je ne céderais qu'à la force ; aujourd'hui je viens tenir parole. » Elle est gravée sur sa tombe.
Il meurt le 20 août 1827 ; plusieurs dizaines de milliers de personnes suivent son convoi. Trente ans plus tard, son ami Béranger demandera à être inhumé dans son tombeau — ce qui fut fait.
La sépulture
La sépulture est partagée avec Béranger, qui a demandé à y être inhumé, et surmontée de deux médaillons de bronze de David d'Angers datés de 1827. La plaque de fer moulé résume la carrière en une phrase, puis la fait basculer dans le récit : « Manuel, né à Barcelonnette le 10 décembre 1775, soldat volontaire en 1793, avocat, membre de la chambre des représentants, député expulsé par la majorité de 1823, mort le 20 août 1827 » — et pour finir : « Hier j'ai annoncé que je ne céderai qu'à la force, aujourd'hui je viens tenir parole. » Peu d'épitaphes du cimetière citent ainsi les paroles du défunt.
Sur place, ne manquez pas
La plaque de fer moulé et sa dernière ligne : « Hier j'ai annoncé que je ne céderai qu'à la force, aujourd'hui je viens tenir parole. »
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Manuel ?
En division 28, chemin du Dragon, cinquième ligne, dans la partie ancienne du cimetière. C'est la même tombe que celle de Béranger, qui demanda trente ans plus tard à y être inhumé.
Pierre-Jean de BérangerPourquoi a-t-il été expulsé de la Chambre ?
Pour un discours du 27 février 1823 contre l'expédition d'Espagne, jugé séditieux. La majorité vota son exclusion ; il refusa de sortir, et la gendarmerie l'expulsa de force — scène sans précédent.
Le général FoyQuelle est la phrase gravée sur sa tombe ?
Celle qu'il prononça en revenant à la Chambre : « Hier j'ai annoncé que je ne céderais qu'à la force ; aujourd'hui je viens tenir parole. » Victor Hugo l'a évoquée dans « Les Châtiments ».
Alexandre Ledru-RollinQui repose avec lui ?
Béranger, le chansonnier le plus populaire du siècle, qui demanda à être inhumé dans son tombeau et l'y rejoignit en 1857. La concession avait été achetée par le banquier Jacques Laffitte.
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