
Kessler tint son journal cinquante-sept années durant : la Belle Époque, la guerre de 1914, Weimar, la montée du nazisme, vues par un homme qui fréquentait aussi bien les artistes que les chancelleries. Éditeur, mécène et diplomate lui-même, il comptait Rodin, Maillol et Hofmannsthal parmi ses proches, et la sculpture française rencontrait chez lui les lettres viennoises. Sa pierre ne le mentionne pas.
L'histoire
Le journal d'Harry Kessler couvre cinquante-sept ans, de 1880 à 1937 : la Belle Époque, la Grande Guerre, la république de Weimar, la montée du nazisme. Il connaissait tous les artistes et tous les diplomates de son temps, et il a tout noté.
Né à Paris le 23 mai 1868 d'un père allemand et d'une mère anglo-irlandaise, éduqué à Paris, Ascot et Hambourg, Harry Kessler est éditeur, mécène et diplomate — trois métiers d'un homme dont la fortune servait les artistes. Rodin, Maillol et Hugo von Hofmannsthal comptent parmi ses amis : la sculpture française et la littérature viennoise se rencontraient chez lui.
Il meurt en 1937. Sur la pierre de la division 57 figurent deux autres noms : sa sœur Wilma, marquise de Brion, morte en 1963, et son neveu Jacques, mort en 1986. Puis une devise en trois membres : « Divine beauté, Humaine bonté, Difficile vérité. » L'homme des cinquante-sept années de journal n'y est pas nommé.
La sépulture
Une pierre qui ne nomme pas le mort dont elle est la sépulture. On y lit sa sœur et son neveu : « Wilma de MICHEL-DUROC Marquise de BRION née KESSLER 1877-1963. Jacques de MICHEL-DUROC Marquis de BRION 1904-1986. » Puis une devise en trois membres : « Divine beauté, Humaine bonté, Difficile vérité. » L'homme dont les journaux couvrent cinquante-sept ans d'histoire européenne, ami de Rodin et de Hofmannsthal, n'y est pas mentionné.
Sur place, ne manquez pas
Cherchez son nom : il n'y est pas. La pierre porte sa sœur Wilma, marquise de Brion, son neveu, et trois mots : « Divine beauté, Humaine bonté, Difficile vérité. »
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Harry Kessler ?
En division 57, avenue Neigre — mais son nom n'y figure pas : la pierre porte sa sœur Wilma, marquise de Brion (1877-1963), son neveu Jacques, et une devise de trois mots. Il est mort en 1937.
Le baron NeigreQu'y a-t-il dans ses journaux ?
Cinquante-sept ans de vie européenne : ils couvrent 1880 à 1937, de la Belle Époque à la montée du nazisme, tenus par un homme qui connaissait tous les artistes et tous les diplomates de son temps.
Marc FumaroliQui fréquentait-il ?
Rodin, Maillol et Hugo von Hofmannsthal, notamment : la sculpture française et la littérature viennoise se rencontraient chez lui. Il était éditeur, mécène et diplomate.
Albert BartholoméÉtait-il français ou allemand ?
Les deux, et anglais par sa mère : né à Paris d'un père allemand et d'une mère anglo-irlandaise, il fit ses études à Paris, Ascot et Hambourg.
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