
À quatorze ans, il publiait son premier album. Il illustra plus de cent vingt volumes — Dante, la Bible, Perrault, Cervantes — avec un atelier de graveurs. Il consacra pourtant cinq années à une toile de six mètres sur neuf, cherchant une reconnaissance de peintre qui ne vint jamais.
L'histoire
Louis Auguste Gustave Doré naît à Strasbourg le 6 janvier 1832. À treize ans il réalise ses premières lithographies, à quatorze il publie « Les Travaux d'Hercule », à quinze il entre comme caricaturiste au Journal pour rire de Philipon et débute au Salon avec deux dessins à la plume.
Son père meurt en 1849 : Doré est déjà célèbre à dix-sept ans et restera très proche de sa mère, dont le nom figure au-dessus du sien sur la tombe. En 1854, les « Œuvres de Rabelais » qu'il illustre de près de cent gravures paraissent chez Joseph Bry ; les bibliophiles les cherchent encore, et les exemplaires en bon état sont rares.
En trente ans, il illustre plus de cent vingt volumes en France, en Allemagne, en Angleterre et en Russie : Dante, Cervantes, Victor Hugo, La Fontaine, Perrault. Un atelier de graveurs travaille sous sa direction — une organisation quasi industrielle au service d'une imagination gothique.
Il consacre pourtant cinq années, de 1867 à 1872, au « Christ quittant le prétoire », une toile de six mètres sur neuf qu'il tient pour son œuvre maîtresse. La critique ne voulut jamais voir en lui autre chose qu'un illustrateur. Le tableau a été restauré entre 1998 et 2003 au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg, dans une salle ouverte au public pendant les travaux.
Doré meurt le 23 janvier 1883 dans son hôtel de la rue Saint-Dominique, sans avoir obtenu cette reconnaissance. Il repose en division 22, dans une sépulture d'une discrétion inattendue pour un artiste dont les images ont été vues par des millions de lecteurs.
La sépulture
Rien, sur cette pierre, ne rappelle le métier de Doré : pas une gravure, pas un médaillon, trois inscriptions seulement. Celle de sa mère, Marie Anne Alexandrine Doré, dont il fut inséparable ; la sienne, « décédé le 23 janvier 1883 à Paris » ; celle de son frère, « le général Paul Doré, décédé le 17 septembre 1915 à l'âge de 69 ans ». Trois morts, trois lignes, et pas un mot de l'illustrateur de Dante et de Don Quichotte.
Sur place, ne manquez pas
Les trois inscriptions de la dalle, à lire dans l'ordre : la mère, l'illustrateur, puis le frère général — et l'absence totale d'image sur la tombe du plus grand imagier du siècle.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Gustave Doré ?
En division 22, chemin de la Citerne, cinquième ligne, dans la partie ancienne du cimetière. La sépulture est familiale : sa mère Marie Anne Alexandrine et son frère le général Paul Doré y reposent avec lui, sous une pierre sans ornement.
Alexandre-Théodore BrongniartQu'a illustré Gustave Doré ?
Plus de cent vingt ouvrages, dont la Divine Comédie, la Bible, Don Quichotte, les Contes de Perrault et les œuvres de Rabelais parues en 1854. Ses gravures ont façonné l'imaginaire visuel de toute l'Europe du XIXᵉ siècle.
Camille PissarroQuand Gustave Doré est-il mort ?
Le 23 janvier 1883, dans son hôtel de la rue Saint-Dominique à Paris, à cinquante et un ans. Il n'avait jamais obtenu la reconnaissance de peintre à laquelle il aspirait, malgré cinq années passées sur « Le Christ quittant le prétoire ».
Jean-Auguste-Dominique IngresÀ quoi ressemble sa tombe ?
À une sépulture familiale sobre, sans sculpture, en division 22 : trois inscriptions seulement, celles de sa mère Marie Anne Alexandrine, la sienne, et celle de son frère le général Paul Doré.
Marie LaurencinAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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