
Il partagea sa jeunesse avec Nerval et Gautier, impasse du Doyenné, et fut nommé à trente-trois ans administrateur de la Comédie-Française, maison pour laquelle il n'avait jamais écrit : il y redressa les finances et fit revenir Rachel. Ses Confessions restent une source citée sur le Paris littéraire.
L'histoire
Né en 1815 dans l'Aisne, Arsène Houssaye monte à Paris à dix-sept ans avec l'intention d'y être écrivain, et l'obtient par une méthode simple : il connaît tout le monde. Il partage un temps un logement avec Gérard de Nerval et Théophile Gautier — l'impasse du Doyenné, près du Louvre, où la bohème romantique tenait ses assises. De cette jeunesse il gardera un carnet d'adresses sans équivalent et le goût de raconter les autres, qui fera plus tard sa véritable œuvre.
Il écrivit énormément et dans tous les genres : romans, poésies, histoire de l'art, chroniques. Peu de ces livres ont survécu, et il le savait à demi. Sa réussite est ailleurs : en 1849, à trente-quatre ans, il fut nommé administrateur général de la Comédie-Française — une maison qu'il n'avait jamais servie comme auteur. Il y resta sept ans, jusqu'en 1856, redressa les finances, fit revenir Rachel sur scène et réveilla un répertoire que la maison laissait dormir. Le poste faisait de lui l'ordonnateur du répertoire national, avec un pouvoir de nomination sur les sociétaires que bien des dramaturges lui ont envié.
Ce qui lui survit est le livre des autres. Les Confessions : souvenirs d'un demi-siècle, 1830-1880 déroule le Paris littéraire et théâtral de cinquante années : les dîners, les liaisons, les mots d'esprit, les faillites. Houssaye y avait connu tout le monde et le montre — Gautier, Nerval, Balzac, Musset, Rachel traversent ces pages. Les historiens s'en servent en s'en méfiant : le mémorialiste arrange, embellit et se donne le beau rôle, mais il était là. On y trouve des scènes que nul autre n'a racontées, et d'autres que nul autre n'a vues, ce qui est le propre du genre.
Il mourut en 1896, à quatre-vingt-un ans, ayant survécu à presque tous ceux dont il avait écrit la jeunesse — Nerval s'était pendu quarante ans plus tôt, Gautier était mort en 1872. Il repose en division 4, celle d'Auber, de Lefébure-Wély et de Colette. Son nom ne dit plus rien à personne ; ses Confessions, elles, restent l'une des sources les plus citées sur la vie littéraire du siècle, et l'on y entre encore pour y chercher Balzac ou Rachel. Il avait passé sa vie à raconter les autres : c'est par eux qu'il a survécu.
Sur place, ne manquez pas
La division 4 est l'une des plus visitées : Auber, Lefébure-Wély, Colette et le sergent Hoff y reposent.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe d'Arsène Houssaye ?
En division 4 du Père-Lachaise, celle d'Auber, de Lefébure-Wély et de Colette — l'une des plus visitées du cimetière.
Lefébure-WélyA-t-il dirigé la Comédie-Française ?
Oui, de 1849 à 1856 — nommé administrateur général à trente-cinq ans, alors qu'il n'avait jamais écrit pour la maison. Il y redressa les finances, fit revenir Rachel sur scène et modernisa le répertoire.
RachelQu'est-ce que Les Confessions ?
Ses mémoires, sous-titrés souvenirs d'un demi-siècle : le Paris littéraire et théâtral de 1830 à 1890, ses dîners et ses faillites. Les historiens s'en servent en s'en méfiant — le mémorialiste arrange, mais il était là.
Jules ClarétieQuels étaient ses amis ?
Gérard de Nerval et Théophile Gautier, avec qui il partagea un logement impasse du Doyenné, près du Louvre, où la bohème romantique tenait ses assises. Il leur a survécu de quarante et de vingt-quatre ans.
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