
Philippe LE ROYER
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Sénateur, président du Sénat, ministre de la Justice, franc-maçon.
Avocat né à Genève, sénateur du Rhône dès 1875, il fut ministre de la Justice en 1878 — l'amnistie des communards lui revint — puis présida le Sénat onze ans. De toute cette carrière, ses amis n'ont retenu qu'un mot sur la pierre : « Au président LE ROYER, ses amis ».
L'histoire
Philippe Élie Le Royer présida le Sénat pendant onze ans, de 1882 à 1893. Il n'y était pourtant jamais entré par une élection : il faisait partie des soixante-quinze sénateurs inamovibles, nommés à vie.
Né à Genève le 27 juin 1816, avocat au barreau de Lyon, Le Royer entra en politique en 1871 comme député du Rhône. Le 13 décembre 1875, l'Assemblée le choisit parmi les sénateurs qu'elle nommait à vie — l'année même où la République se donnait ses lois constitutionnelles. Il siégea au Sénat jusqu'à sa mort, vingt-deux ans plus tard. Garde des Sceaux en 1879, puis vice-président du Sénat, il en prit la présidence en 1882.
Franc-maçon, il appartenait à cette génération de juristes républicains qui ont donné à la Troisième République ses institutions et son personnel — ceux qui plaidaient le matin et légiféraient l'après-midi.
Il mourut à Paris le 22 février 1897, sénateur en exercice. Sa sépulture de la division 89, concédée gratuitement par la Ville, porte un médaillon et une sculpture de calcaire signés André d'Houdain, et une épitaphe qui ne dit ni ses fonctions ni ses dates : « Au président LE ROYER, ses amis ».
La sépulture
L'inscription tient en six mots : « Au président, LE ROYER, ses amis ». Ni le ministère de la Justice, ni les vingt-deux ans de Sénat, ni le parquet de Lyon qu'il dirigea, ni même les dates — la pierre laisse à la Ville le soin de savoir qui repose là, la concession à perpétuité ayant été donnée gratuitement par arrêté préfectoral. Ses amis ont payé la formule ; l'État a payé la place.
Sur place, ne manquez pas
Le médaillon et la sculpture en calcaire sont l'œuvre d'André d'Houdain, et il les a signés : la signature se lit sur la pierre, à côté d'une épitaphe qui, elle, ne nomme personne d'autre que le mort.
Les questions des visiteurs
Où se trouve la tombe de Philippe Le Royer ?
En division 89, avenue Carette, première ligne. La pierre se repère à son épitaphe de six mots : « Au président, LE ROYER, ses amis ». Elle ne porte ni fonction, ni dates.
Louis LucipiaQuelles fonctions a-t-il occupées ?
Ministre de la Justice en 1879 dans le gouvernement Waddington, puis président du Sénat de 1882 à 1893. Il avait été procureur général à Lyon, député du Rhône à partir de 1871, et fut sénateur inamovible jusqu'à sa mort.
Victor SchœlcherQu'a-t-il fait pendant la Commune ?
Rien à Paris : il était à Lyon, chargé de réprimer les troubles qui suivirent la guerre de 1870, et s'employa surtout à éviter les détentions arbitraires des hommes du Second Empire. Il démissionna en janvier 1871. C'est plus tard, comme garde des Sceaux, que la question de l'amnistie des communards lui revint.
le mur des FédérésÉtait-il franc-maçon ?
Oui : vénérable de la loge Le Parfait Silence. Né à Genève d'une famille rochelaise exilée en Suisse à la révocation de l'édit de Nantes, il garda toute sa vie la double nationalité française et suisse.
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