

Allan Kardec s'appelait Hippolyte Rivail et fut pédagogue pendant cinquante ans avant qu'on entende parler de lui. En 1855, Paris s'entiche des tables tournantes ; il commence par s'en méfier, puis les examine comme un expérimentateur. De cette enquête sort en 1857 Le Livre des Esprits, qui fonde le spiritisme et lui donne son nom d'auteur, emprunté à deux vies antérieures. Il meurt en 1869.
L'histoire
Hippolyte Léon Denizard Rivail naît à Lyon le 3 octobre 1804. Pédagogue formé à la méthode de Pestalozzi, il traduit, enseigne, publie des manuels : rien dans les cinquante premières années de cette vie ne laisse deviner la suite.
En 1855, la mode des tables tournantes gagne les salons parisiens. Rivail commence par se méfier, puis observe les manifestations comme un expérimentateur — c'est cette posture, revendiquée, qui fera sa fortune. En 1857 paraît Le Livre des Esprits, signé Allan Kardec, deux noms que des esprits lui auraient révélés comme ceux de vies antérieures.
Quatre autres volumes suivent en dix ans : le Livre des médiums, L'Évangile selon le spiritisme, Le Ciel et l'enfer, La Genèse. Ce n'est pas une religion, soutient-il, mais une science des rapports entre les vivants et les morts. Victor Hugo, Théophile Gautier, Victorien Sardou s'y intéressent ; Georges Méliès, lui, cherche à démontrer la supercherie.
Il meurt à Paris le 31 mars 1869 et repose avec sa femme, Amélie Boudet, artiste et enseignante, morte en 1883. Léon Denis et Gabriel Delanne poursuivront son œuvre.
Le succès du kardécisme au Brésil, où il compte plusieurs millions d'adeptes et où un timbre à son effigie a été émis en 1957, explique l'affluence devant ce dolmen. La tradition veut qu'on y pose la main en formulant un vœu. L'Amicale du cimetière la désigne sans hésiter comme la tombe la plus fleurie du Père-Lachaise.
La sépulture
Un tombeau de pierre en forme de dolmen, abritant un buste de bronze signé Charles Romain Capellaro et daté de 1870, monté sur un piédestal de pierre. Le fronton porte la formule qui résume la doctrine : « Naître, mourir, renaître encore, et progresser sans cesse, telle est la loi. » Sur le socle, une chaîne de propositions gravées tient lieu de démonstration : « Tout effet a une cause, tout effet intelligent a une cause intelligente, la puissance de la cause est en raison de la grandeur de l'effet. » Les bouquets s'y renouvellent chaque jour.
Sur place, ne manquez pas
Restez un moment à distance et comptez les visiteurs qui posent la main sur la pierre : le geste se transmet sans que personne l'explique. Les bouquets, eux, changent d'un jour à l'autre.
Les questions des visiteurs
Pourquoi tant de fleurs sur la tombe d'Allan Kardec ?
Parce que le spiritisme qu'il a codifié compte plusieurs millions d'adeptes, surtout au Brésil. Sa sépulture est un lieu de pèlerinage où les fleurs sont renouvelées quotidiennement, déposées par des visiteurs venus de Rio, de São Paulo ou de Manille.
Étienne-Gaspard RobertsonOù se trouve la tombe d'Allan Kardec ?
En division 44, dans la partie centrale du cimetière. C'est un dolmen de pierres brutes, impossible à confondre avec les chapelles voisines. L'architecte Roland Castro, mort en 2023, a été inhumé à quelques mètres de là, en bordure de la même division.
Roland CastroQue dit la tradition sur cette tombe ?
Les visiteurs posent une main sur la pierre, souvent sur le buste ou le dolmen, en formulant un vœu ou une pensée pour un défunt.
Papus (Gérard Encausse)Qui était vraiment Allan Kardec ?
Hippolyte Léon Denizard Rivail, pédagogue lyonnais et disciple de Pestalozzi. Il découvre les tables tournantes en 1855 et publie trois ans plus tard « Le Livre des Esprits », sous un pseudonyme que des esprits lui auraient révélé.
Marie-Anne LenormandAudio guide du Père Lachaise : la meilleure visite guidée insolite !
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